‹ Pageants du tricentenaire de Québec [microforme]Chapitre 4 sur 10 · ALLOCUTION DE CHAMPLAIN À LA FOULE · texte numérisé non relu

ALLOCUTION DE CHAMPLAIN À LA FOULE

Mes amis, vous te reconnaissez encore après une aussi longue absence (acclamations,) Je sais bien qu'elle n'a pas été longue, deux ans À peine, mais elle me semblait à moi, une éternité (accl,) Enfin je suis, À vous, chez vous, chez moi, et Pour toujours, (Acel.) ;

Je vous ai fait lire me commission de lieutenant-général. Le haut et puissant seigneur, Henri Il, duc de Montmorency, notre vice-10i, m'a renouvelé par ce témoignage éclatant la confiance qu'avaient placée en moi ses prédécesseurs, le Commandeur de Chastes, mon bienfaiteur, M. DeMonts, coinme aussi M. le Comte de Soissons. L'honneur en est très grand, mais je Vous avouerai qu'il existe Pour moi une satisfaction supérieure à ce brevet d'estime, l'intime conviction de posséder également la vôtre. (Asclamations)

Cette commission du vice-roi me signifie l'ordre formel de retourner à Québec. . My voici. (Acel.) de m'y établir défini. tivement, de n’y fortifier le mieux possible afin de mettre le Pays à l’abri des invasions et des coups de main imprévus.

Je suis à ce point assuré du succès que j'ai dit pour toujours adieu à Brouage, au Saintonge, à la France ancienne, Je ne viens pas seulement commander ici pour un temps, mais Pour y vivre comme vous et avec vous y mourir.

Me voici, à Québec, non seulement Pour y continuer la

(1) Cette commission est calquée sur partie de l'original de la Commission de Commandant en la Nouvelle France, par M. le Comte de Soissons, Lieutefant-Général du Roi en la Nouvelle France, en faveur du Sieur de Champlain, du 15 octobre 1612,

Cf. Dionne, Samuel Champlain, tome 1, pages 404 et 405.

fondation d'une ville, l'établissement définitif et permanent d'une colonie, mais Pour y asseoir aussi, À demeure, mon foyer domestique, En garantie de ma parole — dont personne, Dieu merci, ne douta jamais et dont personne encore ne me demanda Bages — en garantie de ma parole, j'amène av = moi la personne qui m'est la plus chère en ce monde, Madame de Champlain, (Aceclamations) qui consent à Partager, que dis-je ? qui me demande à venir partager vos labeurs (acel,) À vivre dans la solitudes les plus belles années de sa jeunesse, Quel réconfort clle apporte À mon courage, À mes espérances en l'avenir ! Je n'avais jamais songé à une plus douce image du devoir et de la récompense mis en regard.

Ah! mes amis, si vous saviez comme je vous aime et combien les plus cruels sacrifices m'on paru faciles, consentis pour vous,

Cette France que je croyais avoir quittée pour toujours, je la retrouve ici, dans votre chère présence. J'ai rêvé d'une Nouvelle-France aussi belle, aussi grande que l’Ancienne. Aidezmoi À réaliser Le songe magnifique, Ce n'est pas un homme endormi qui vous parle, mais un esprit bien Cveillé, une volonté bien résolue qui croit à l'avenir de Québec et du Canada français comme il croit en Dieu : de toute son âme et de toute sa conscience !

Acclamations : Vive Champlain! Vive Québec! Vive la France! Vive le Roi! Vive je Canada !

TROISIEME PAGEANT

7ième TABLEAU :— j639, Arrivée des religieuses Hospitalières et Ursulines à Québec

Elles sont officiellement reçues par le Gouverneur Huault de Montmagny, Chevalier de Malte.

Les enfants chantent le vieux noël français: D'où viens-lu, bergère ?

8lème TABLEAU ; — La Vénérable Marie de l'Incarnation et les Jésuites Catéchisant les Sauvages

Les petits Hurons chantent le noël Composé par Brébeuf le Martyr : Lesous Ahatonnia ?

QUATRIEME PAGEANT

9ème TABLEAU, 1660 : Dollard des Ormeaux et ses compagnons d'armes au Long-Sauit

Cbant du Veni, Creator, par ler Français, Cri de &uerre des Iroquois,

Dollard.— Aux armes | aux armes ! Voici l'heure du sacrifice et du martyre! Haut les cœurs Haut les courages !

Les Compagnons d'armes (ensemble), — Adieu frères ! Adieu, parents! Amis, adieu !

Dollard. — Rappelez-vous votre serment! Pas de merci, pas de quartier! Pas de prisonniers !

Les Compagnons d'armes. — Rien à l'ennemi, que nos

cadavres !

Dollard.— Mon âme à Dieu, mon sang à la Patiie !

Dollard et les Compagnons d'armes (ensemble). —Canada ! Canada! ceux qui vont mourir te saluent !

Bataille Musique de scène écrite Par le chef d'orchestre, M, Joseph Vézina,

CINQUIEME PAGEANT

10ième Tableau :— 1665, Mgr de Laval reçoit officiellement Monsieur de Tracy

ADRESSE DU CONSEIL SOUVERAIN À TRrACY Mons ‘#neur,

Le Conseil Souverain, heureux de souhaiter la bienvenue au représentant de Sa Majesté et de lui offrir, avec l'expression

de son profond respect, son obéissarce et ses hommages, s’empresse de le féliciter de l'honneur insigne que lui a conféré Notre Souverain en l'instituant son lieutenant-général dans toute l'étendue des possessions françaises en Amérique Méridionale et Septentrionale, avec pouvoir d’y commander aux gouverneurs, lieutenants-rénéraux et à tous les officiers, tant civils, que militaïres.

Cette suprême unction de représenter immédiatement le Roi est la consécration comme la récompense de vos belles vertus de courage et de prudence, qualités qui vous avaient signalé depuis très longtemps à l'attention de notre grand monarque. Les pouvoirs de votre commission vice-royale sont tels qu'ils nous justifieraient de croire que vous êtes le prince lui-même @). L'un d'eux nous réjouit tout particulièrement. Le Roi vous commande de « passer à Québec pour y établir solidement la colonie en mettant les Iroquois à la raison. »

Depuis trente ans qu’ils ne cessent de ravager la colonie, il est temps que ces Barbares reçoivent dans leur propre pays le châtiment qu'ils méritent. Vous êtes le Grand Justicier que la Nouvelle-France attendait pour soutenir sa querelle qui n’est autre que la propre cause du Christianisme et de la Civilisation,

Page 1