RÉPONSE DE TRACY À MGR. DE LAVAL
Monsieur de Laval, (1)
Il serait bien étonnant que sous le règne d’un monarque aussi puissant que le nôtre, et sous la faveur et la conduite d’un évêque aussi zélé que vous, on ne vit point naître, prospérer et
(1) A ceux-là qui ont oublié la signification comme la valeur de certains mots français, il semble étrange que Tracy réponde MONSIEUR de Laval au premier évêque de Québec qui l’a salué du titre de MONSKIGNEUR.
Au XVIe siècle, le titre de MONSIEUR l’emportait en dignité sur celui de
grandir la nouvelle Eglise du Canada, et, suivant la belle comparaison du Psalimiste, cette Jeune Vigne couvrir les montagnes de son ombre, étendre ses pampres jusqu’à la mer et pousser des ceps jusqu'aux rives de l’'Euphrate,
Que les soldats du Christ se joignent à ceux du Roi pour combattre ensemble et la fureur et l’infidélité de lIroquois: les Premiers par la prédication de la Foi, les seconds par la terreur des armes françaises, Ainsi nous aurons fait deux fois leur conquête et deux fois assuré le maintien de la paix.
SIXIEME PAGEANT
llième TABLEAU.— Daumont de Saint-Lusson
PROCÈS-VERBAL DE LA PRISE DE POSSESSION DES PAYS DE L'OUEST, 14 JUIN 1671.
Simon-François Daumont, écuyer, sieur de Saint-Lusson, commissaire subdélégné de Mer l’Intendant de la Nouvelle- France pour la recherche de la mine de cuivre au pays des Outaouais, Nez-Percés, Illinois et autres nations sauvages découvertes et à découvrir en l'Amérique Septentrionale du côté du Lac Supérieur où Mer Douce.
Sur les ordres que nous avons reçu de M£ l’Intendant de la Nouvelle-France, le trois septembre dernier, signés et paraphés TALON et au dessous : par M* VARNIER, avec paraphe, de nous transporter incessamment an pays des sauvages Outaouais,
MONSKIGNEUR. Le frère du roi s'appelait MONSIEUR, Or, comme à cette époque le haut clergé, l'épiscopat, venait, dans l'État, immédiatement après la royauté, ou croyait faire —et l'on ne se trompait pas-— aux dignitaires ecclésiastiques
J'eusse été encore plus près de la vérité hist rique en faisant dire par Tracy MONSIEUR DE PÉTRÉE À Mgr de Lavalen 1665, comn'e Frontenac ui dira plus tard, en 1674, MONSIEUR DE QUÉBEC.
Mieux valait donc que le représentant de Louis XIV dit Monstuur de Laval à l'évêque de Québec, à l'exemple même du Maître qui disait MONSIEUR de Fénélon à l'archevêque de Cambrai,
Nez-Percés, Illinois et autres nations découvertes et À découvrir en l’Amérique Septentrionale, du côté du lac Supérieur où Mer Douce, pour y faire la recherche et la découverte des mines de toutes façons, surtout de celle du cuivre, nous ordonnant au surplus de prendre possession au nom du Roi de tout Je pays habité et non habité où nous passerions, plantant à la première bourgade la Croix pour ÿ produire les fruits du Christianisme, et l’Ecu de France Pour y assurer l’autorité de Sa Majesté et la domination française ; Nous, en vertu de notre commission, ayant fait notre premier débarquement au village ou bourgade de Sainte- Marie ‘u-Sault ‘lieu où les Révérends Pères Jésuites font leurs missions, et les uations des Sauvages nommés Ackipoés, Malamechs, Noquets et autres font leurs actuelles résidences, nous avons fait assem. bler le plus des nations voisines qu’il nous a été possible, lesÿ Sont trouvées au nombre de quatorze nations, à savoir : les Achipoés, les Malamechs, et les Noquets habitant le dit lieu de Sainte Marie du Sault, et les Banabéouiks et Makomiteks, les Boulteattemis, Oumalominis, Sassassaouacottons, habitant, dans la baie nommée des Puants, et lesquels se sont chargés de le faire savoir à leurs voisins qui sont les Illinois, Mascouttins, Outtongamis, et autres nations; les Christinos, Assinopoals, Amoussonnites, Outaouais, Bouscouttons, Niscaks et Masqui-
ignorer, faisant ensuite dre X pour y produire les fruits dn Christianisme, et proche d’icelle un bois de cèdre auquel nous avons arboré les Armes de France en disant par trois fois et à haute voix et cri public, qu’an nom du très haut, très puissant ct très redouté monarque Louis XIVe du nom, très chrétien roi de France et de Navarre, nous Prenons possession du dit iieu Sainte-Marie-du-Sault, comme aussi des lacs Huron et Supérieur, isles du Caientoton et de tous les autres pays, fleuves, lacs et rivières contiguës et adjacentes, iceux tant découverts qu’à découvrir, qui se bornent d’un côté aux
sers du Nord et de l'Ouest, et de l’autre côté à la mer du Sud, comme de toute leur longitude ou profondeur, levant À chacune des dites trois fois, un gazon de terre en criant : Vive le Roi ! et le faisant crier à toute l'assemblée, tant française que sauvage, déclarant aux dites nations ci-dessus que dorénavant, comme dès À présent, ils étaient relevants de Sa Majesté, sujets À subir ses lois et suivre ses coutumes, leur promettant toute protection et secours de sa part contre l'incurse ou invasion de leurs ennemis, déclarant à tous autres potentats, princes, souverains, tant Etats que Républiques, eux où leurs sujets, qu’ils ne peuvent ni ne doivent s'emparer, ni s’habituer (s'établir) €n aucun lieu de ce dit pays,
à peine d'encourir sa haine e armes ; et afin qu'aucun n'en prétende rause d’ignorance, nous avons attaché au derrière des Armoiries de France extrait de notre présent procès-verbal de prise de possession, signé de nous et des personnes ci-après nommées, lesquelles étaient toutes présentes,
Fait à Sainte-Marie-du-Sault, le 14° jour de juin, l'an de grâce 1671, aux présences des Révérends Pères : Claude d'Ablon, supérieur des missions de ces pays-là, Gabrielle Dreuillettes, Claude Allouez, André, tous de la Compagnie de Jésus, et du Sieur Nicolas Perrot, interprète pour Sa Majesté en cette partie ; le Sieur Jolliet, Jacques Mogras, habitant des Trois-Rivières, Pierre Moreau, sieur de la Taupine, soldat de la garnison du Château de Québec, Denis Masse, François de Chavigny, sieur de la Chevrottière, Jacques Lagillie:, Jean Mayseré, Nicolas Dupuis, François Bibaud, Jacques Joviel, Pierre Porteret, Robert Duprat, Vital Drioi, Guillaume Bonhomme et autres témoins. Ainsi signé :