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XII INTRODUCTION

qui avaient le plus de mérite, Maupassant ou les Goncourt, offraient à quiconque cherchait l'homme derrière l'œuvre le spectacle d'une faiblesse intellectuelle jusque-là sans exemple. La critique, de son côté, tendait à ruiner son fondement naturel, le goût, pour se réclamer naïvement des méthodes scientifiques, qui venaient d'éclore, ou bien, avec un Sarcey, conspirait ouvertement contre le talent, qu'elle aurait dû distinguer et servir. Les articles de Lemaîire aux Débats ou à la Revue des Deux Mondes furent, pendant dix ou quinze ans, le conservatoire du goût français.

Leur succès fut éclatant et rapide. « Notez, dit encore Jules Tellier, que, dans ce succès, l'adresse ne fut pour rien, ni le charlatanisme. Pas de « réclames » savantes, pas de camaraderies. Lemaître s'est montré simplement, et il a parlé ; et les gens ont fait cercle d'eux-mêmes parce qu'il parlait de façon tout à fait séduisante. Loin que la presse dût l'imposer au public, c'est le public, tout au contraire, qui l'a imposé à la presse. En reconnaissant le grand talent du nouveau venu, les chroniqueurs n'ont fait que suivre l'irrésistible élan donné par le public. Jamais de notoriété obtenue par des moyens plus élémentaires, si j'ose dire, et d'une honnêteté plus primitive. Lemaître s'est un beau jour réveillé célèbre sans y avoir tâché, sans avoir rien fait pour cela, sinon d'avoir du talent. Croyez que, si j'y insiste, c'est que la chose est rare. » Elle l'est aujourd'hui

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