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ORTHOGRAPHE DE CALVIN

L'orthographe est loin d'être fixée au seizième siècle: elle est même compliquée, ce qui est parfois la conséquence des nombreux essais faits alors pour simplifier et unifier l'orthographe.

Si les variations que l'on observe dans ces pages sont dues

INTRODUCTION XV

quelquefois aux différents imprimeurs chargés par Calvin de l'impression de ses ouvrages, on pourra néanmoins voir dans le même ouvrage, parfois dans la même page, un mot écrit de deux manières différentes: y ci et icy, a et ha, ayt et ait, seu et sceu, etc., ce qui indique que l'on vivait à une époque de transformation.

L'orthographe de Calvin, qui est du reste celle des meilleurs imprimeurs du seizième siècle, ne déroutera pas longtemps celui qui n'y est pas habitué. Inutile de commenter les mots suivants: aprendre, apeller, abbattre, doner, parolle, procedder, (ils) vienent, (il) trouverra; povre, vilein, attaindre, malitieusement ; ung et loing pour un et loin; tousjours, toutesfois, etc.

A la place de la lettre 5 du pluriel on trouve souvent le z, Hz, noz, quelz, lesquelz, bien qu'il ait perdu depuis longtemps sa valeur de fs, comme on peut s'en rendre compte par l'orthographe des mots estatz, gibbetz, rapportz, secretz. On trouve aussi z dans feuz, gracieuz, etc.

Il semble en être de la lettre y comme du z; y est souvent considéré comme un ornement, au commencement, à la fin d'un mot, ou dans un groupe de voyelles: yci, yvoire; luy, fay, boys,foy, moy, roy, vray, puny; haye (haïe), ayder, hayne, joiiyr, etc.

Ou a parfois le son de o fermé, comme dans proufiter, tandis que l'on hésite entre les prononciations ou ou o dans certains mots, comme povoir, rigoreux, tormenter.

Quelques grammairiens prétendaient entendre le son i après a ou e dans couraige, imaige, gaigner, reigle; d'autres écrivaient image, etc.

La Renaissance avait conservé ou rétabli certaines lettres parce qu'elles existaient dans les mots latins correspondants: dans la plupart des cas, ces lettres ont disparu plus tard.

XVI INTRODUCTION

C'est d'abord s dans aoust, chascun, {nous) donasmes, descrier, escumer, estoille, estre, monstrer, etc. C'est aussi h et p, c, d, l, ph, etc.: debvoir, delibvrer (ici le 6 et le z' font double emploi), soubs ou soubz, achepter, etc.; on trouve cependant conter à côté de compter, donter et dompter, etc.; auctoritê, delict, (vous) dictes, sainct, traicter; advantage, adjouster; adoulcir, ceulx, (il) fault, hault, oultre (ici letu font double emploi, et triple emploi avec x dans le pluriel oyseaulx); phantasie, prophaner, etc.

Notons aussi, parmi les mots écrits différemment dans ce texte, receu (reçu), conceu, leceon, seurement, scavoir, je scay, sceu (on croyait que savoir venait du latin scire); veoir, veu; eschole (école); prins (pris), comprins; besongner, eslongner, congnoistre, etc.

Dans la conjugaison des verbes, il arrive fréquemment de trouver les formes requier, tien, dy, etc., sans s, à côté des formes requiers, etc., avec s, à la première personne du singulier du présent de l'indicatif ou du passé défini.

A l'imparfait, l'emploi est général de la forme festoyé, je vouloye, etc.

Au subjonctif, on trouve peinde (peigne), voulsist (voulût), etc.

Enfin a-il (pour a-t-iï) est fréquent chez Calvin.

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