XVI INTRODUCTION
mence en 1850) et qu'il note pour eux les moindres événements, exposant dans le détail les considérables, comme la Révolution de 48, qu'il a vue et bien vue en qualité de garde national actif; songez enfin qu'il a dans les années 1852-1853, d'une part le gros ennui de voir poursuivre un de ses amis, M. Libri, qu'il défend énergiquement et pour lequel, ayant attaqué dans un libelle mordant la magistrature et ses arrêts, il est condamné à quinze jours de prison et mille francs d'amende; la grande douleur de l'autre de perdre sa mère avec laquelle il avait toujours vécu et de voir peu après une de ses amies les plus affectueuses se détacher de lui presque brusquement,... et vous pourrez vous faire quelque idée de cette existence si pleine, si absorbante parfois et, malgré la part faite aux plaisirs, médiocrement heureuse à tout prendre.
Le mariage de Napoléon III avec la jeune Eugénie, fille de son amie la comtesse de Montijo, vint encore compliquer quelque peu la vie de Mérimée (1853j. Il voyait sur le trône celle qu'il avait connue, amusée, instruite, enfant ou adolescente. Cinq mois après le mariage, il était sénateur. La lettre dans laquelle il remercie la mère de ce que lui donnait la fille est intéressante : « Vous avez fait un sénateur il y a deux ou trois heures. J... me dit que l'Impératrice a embrassé son mari avec effusion lorsqu'il lui a annoncé la chose. Ce petit détail me fait, je vous l'assure, plus de plaisir que la chose elle-même, à quoi je ne suis pas encore parfaitement réconcilié. »