INTRODUCTION. XXI
dur dans sa physionomie, atténué par une certaine mélancolie et la pâleur de la maladie. Sa démarche n'était plus, nécessairement, aussi fière; il se courbait. La maladie empirait rapidement d'ailleurs. Durant l'hiver de 18G9 il fut si mal que tous les journaux annoncèrent sa mort; de même l'hiver suivant. 11 put avec peine revenir à Paris, au commencement de l'été, il assista avec terreur et angoisse aux débuts de la guerre, donnant son argent pour les blessés, se traînant au Sénat, réconfortant l'Impératrice de ses conseils, faisant une démarche infructueuse en sa faveur auprès de Thiers, fidèle à son poste de sénateur le 4 Septembre, et forcé enfin, le 8, de partir pour Cannes. Malgré ses souffrances il ne songeait qu"à l'Impératrice et qu'à la France. Le 13 septembre il écrivait : a J'ai toute ma vie cherché à me dégager des préjugés, à être citoyen du monde avant d'être Français, mais tous ces manteaux philosophiques ne servent de rien. Je saigne aujourd'hui des blessures de ces imbéciles de Français, je pleure de leurs humiliations, et, quelque ingrats et absurdes qu'ils soient, je les aime toujours '... » Le Î23, dix jours après avoir laissé paraître le patriotisme sincère que par fanfaronnade il avait caché toute sa vie, il n'était plus -. « Ce sont certainement ces horribles événements politiques qui ont abrégé ses jours », écrivait le lendemain miss Lagden à M. Panizzi.