‹ Pages choisies de MériméeChapitre 18 sur 113 · INTRODUCTION. XXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXV

pas moins que, malgré l'apparence, le cœur est bon. N'a-l-il pas été tout dévoué et à la famille de Montijo et à ses amis? No s'avisa-t-il pas quelques mois après sa nomination de sénateur de prendre cent louis par an sur son traitement pour faire vivre un ami, ancien préfet de Louis-Pliilippe, et Dieu sait avec quelle délicate discrétion! Ne chercha-t-il pas durant de longues années protecteurs et commandes pour un jeune sculpteur, ami des Stapfer? Ne fit-il pas une édition nouvelle des lettres de Jacquemont pour aider à vivre un de ses neveux'.' Ne se donna-t-il pas un grand mal pour vendre, au profit de la sœur, des manuscrits que Beyle a^ait fait copier au Vatican, alors qu'il était consul à Civita-Yecchia? N'a-t-il pas été enfin un excellent fils, entourant sa mère des plus grands égards et des plus grands soins, encore que peu expansif'?On peut voir combien il l'avait aimée à la douleur qu'il ressentit à .'^a raorl. Il en fut abattu. Sa douleur toutefois ne s'exhalera pas en grandes phrases, il a, aussi, la pudeur de l'amour filial. Il se contentera décrire à madame de Montijo : « Vous la connaissiez, vous .savez ce que j.'ai perdu », ajoutant pour ne pas trop affliger ceux qui sont loin, qui l'aiment et qui ne peuvent venir le consoler : « Mes amis ont été excellents [joui- moi ' ». Mais cette perte ne sortira jamais de sa pensée, car, comme il l'écrira plus lard à P^. Augier, c( il n'y en a pas de plus grande; j'ai passé par cette cruelle épreuve et j'y pense encore sans ce.^se -. »

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