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INTRODUCTION. XLV

d'une composition savante, d'une logique intense, d'un intérêt puissant, d'un relief saisissant, d'une psychologie pénétrante qui ont charmé ses contemporains et nous charment tous aujourd'hui encore. II a créé la nouvelle, qui lui appartient en propre. Et ce n'est pas un de ses moindres titres de gloire que, s'il a eu d'illustres successeurs qui l'ont parfois égalé, de n'avoir été, en somme, surpassé par aucun. 11 reste le Maître.

Aussi est-ce surtout par ses nouvelles que Mérimée s'est survécu. Ce n'est pas, en tout cas, par son théâtre. Chose étonnante pour un homme qui concevait ses récits comme de petits drames et les charpentait habilement, il a été un médiocre dramaturge. Non qu'il n'y ait de l'intérêt dans les différentes pièces qui composent le théâtre de Clara Gazul et que Mérimée d'ailleurs n'a pas fait en réalité pour la scène, non qu'on ne trouve quelque pathétique dans Inès Mendo, une peinture vivante et originale de l'amour dans un tout jeune cœur avec VOccadon, du plaisant et du piquant dans le Carrosse du Saint-Sacrement '; mais en somme ce théâtre n'est intéressant et ne vaut que par l'habi-

1. Le Carrosse fuL joué, (et peut-êlrc sifflé), à la Comédie française, en mars 1850. Mérimée n'avaiten rien désiré qu'on le représentât. Ses amis et mademoiselle AiiRustinc Brohan lui forcèrent la main. Cf. Filon, ouv. cité, p. 20a.

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