Selon toute apparence, les Nagoï, frères de la tsarine
Le tsar se fit précéder par son porte-glaive, Micliel Skopine Chouiski, et le choix de ce messager était habile, car il appartenait à une famille considérable, assurément mieux informée qu'aucune autre du sort du véritable Démétrius. L'imposteur voulait forcer les Chouiski à constater de toutes les manières son identité avec le fils d'Ivan. D'ailleurs la mission était toute d'étiquette, et se bornait à annoncer à la tsarine l'arrivée de son fils qui venait lui demander sa bénédiction '.
Près du village de Toïninsk une riche tente avait été dressée; c'est là que Démétrius reçut la veuve d'Ivan; ils y demeurèrent seuls quelques instants cachés à tous les yeux; ce qu'ils se dirent personne ne put le savoir; puis ils sortirent de la tente, et se jetèrent dans les bras l'un de l'autre avec toutes les marques de la plus vive tendresse. A ce spectacle les acclamations de la multitude s'élevèrent de toutes parts; le doute avait disparu dans l'attendrissement général, si facile et si communicatif pour les grandes masses. Le respect du fils, l'émotion de la mère arrachèrent des larmes à la foule assemblée, et il ne se fût alors trouvé personne qui ne fût prêt à jurer que le tsar était bien le fils de la veuve d'Ivan -. Démétrius donnant la main à la princesse, la conduisit jusqu'à la voiture qui devait l'amener à Moscou, et refusa obstinément d'y monter auprès
s'étaient chargés spontanément de la préparer à une entrevue et de lui représenter tous les avantages que leur famille gagnait à favoriser l'imposture.
1. Cf. Peyerle, p. 34. — Baer, p. G). — Margeret, p. 12j. — Karamzine, XI, 289.