‹ Pages choisies de NadaudChapitre 115 sur 146 · DISTIQUES · texte numérisé non relu

DISTIQUES

C'est un homme charmant. — En somme, Ce ne sera jamais un homme.

Il cite à tout propos de la prose et des vers ; Il en sait juste assez pour citer de travers.

(Imité de Byron)

S'il a fait quelquefois quelque éloge d'autrui. Ce n'est pas pour eux, c'est pour lui.

Un ami vient me voir ; quel bonheur ! quel bonheur ! Mais s'il reste longtemps, quel malheur ! quel malheur !

Il a souvent raison, le député du Nord. L'orateur du Midi lui prouve qu'il a tort.

Des gens trop gais méfiez-vous :

Tout est sérieux chez les fous.

Le travail de l'esprit est toujours chose bonne. Pour le mal qu'il empêche et le plaisir qu'il donne.

Le grand homme est parti comme il était venu, Estimé de tous ceux qui ne l'ont pas connu.

Il est si sûr de lui, si solide, si fort,

Qu'il ne pense jamais qu'il pourrait avoir tort.

Ce que je veux, je le veux bien ; Mais ce que c'est, je n'en sais rien.

Oh ! les États-Unis d'Europe !

As-tu fini, vieux philanthrope ?

La France est notre amante, immuable, immortelle ; Mais vous l aimez pour vous, et nous l'aimons pour elle.

Au domino je sais une de mes victimes

Qui donnerait dix francs pour gagner dix centimes.

Le public est un grand enfant :

Il veut tout ce qu'on lui défend.

Toute plante a sa fleur, et toute fleur sa graine. Tout enfant a sa joie, et tout homme a sa peine.

Parisien vaut presque Athénien :

Aussi léger, mais plus artiste. — Qui ? — L'ancien.

SONNETS Le miroir brisé

Un homme, je me trompe, un sultan, s'il vous plaît.

Se regardait dans une. glace.

La glace étant fidèle, il se trouva fort laid.

Que voulez-vous qu'un Sultan fasse ?

« Imposteur ! (c'est, je pense, au miroir qu'il parlait)

Tu vas expier ton audace ! « Il le brise, et revoit chaque éclat qui volait

Lui faisant la même grimace.

L'homme injuste parfois croit avoir oublié Le remords vigilant qu'il écrase du pié. Il marche dans sa confiance.

Mais, malgré son air calme et son rire moqueur, Il retrouve toujours avec les yeux du cœur Les morceaux de sa conscience.

La lettre au ruisseau

Tous les jours j'écris une lettre Que je confie au clair ruisseau.

Je lui dis : « Suis le fil de l'eau, Si le hasard veut le permettre. »

Mais cent obstacles vont peut-être L'arrêter : l'herbe, le roseau.

Le poids de l'eau qui la pénètre.

Les racines de l'arbrisseau.

N'importe ! qu'une seule arrive A toucher la lontaine rive.

Et mon destin est à bénir !

Mes lettres ne sont pas pressées ; Elles sont toutes adressées A mes amis de l'avenir.

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