‹ Pages choisies de NadaudChapitre 24 sur 146 · LES DEUX GENDARMES · texte numérisé non relu

LES DEUX GENDARMES

Deux gendarmes, un beau dimanche, Chevauchaient le long d'un sentier.

L'un portait la sardine blanche, L'autre, le jaune baudrier.

Le premier dit d'un ton sonore :

Le temps est beau pour la saison. —

Brigadier, répondit Pandore, Brigadier, vous avez raison.

Phébus, au bout de sa carrière.

Put encore les apercevoir.

Le brigadier, de sa voix fière. Troubla le silence du soir :

Vois, dit-il, le soleil qui dore Les nuages à l'horizon. —

Brigadier, répondit Pandore, Brigadier, vous avez raison.

Ah ! c'est un métier difficile.

Garantir la propriété, Défendre les champs et la ville Du vol et de l'iniquité.

Pourtant l'épouse qui m'adore Repose seule à la maison. —

Brigadier, répondit Pandore Brigadier, vous avez raison.

La gloire, c'est une couronne Faite de myrte et de laurier.

J'ai servi Vénus et Bellone :

Je suis époux et brigadier.

Mais je poursuis le météore Qui vers Colchos guida Jason. —

Brigadier, répondit Pandore, Brigadier, vous avez raison.

LES DEUX GENDARMES (Dessin de Dupray)

Puis ils rêvèrent en silence,

On n'entendit plus que le pas

Des chevaux marchant en cadence :

Le brigadier ne parlait pas.

Mais, quand revint la pâle aurore.

On entendit un vague son :

Brigadier, répondait Pandore, Brigadier, vous avez raison ^.

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