‹ Pages choisies de NadaudChapitre 4 sur 146 · MA SŒUR · texte numérisé non relu

MA SŒUR

L'amitié n'est pas aussi tendre ; L'amour n'a pas tant de douceur ; O vous qui n'avez pas de sœur, Vous ne pouvez pas me comprendre.

Pourquoi vous dirais -je son nom ?

Des lettres vous la peindraient-elles ? Sans doute il en est de plus belles ; En est-il de meilleures ?... Non !

Elle est pour moi la souvenance, Le parfum du pays natal ; Son sourire est un pur cristal Où se réfléchit notre enfance.

De nos plaisirs, qu'elle confond, Ma part est toujours la meilleure ; Le souci léger qui m'effleure Est pour elle un chagrin profond.

On se découvre à son aspect ; Nul regard impur ne la blesse :

Honorée avant la vieillesse.

Elle commande le respect.

I. Sur ce petit poème qui est l'un de ses plus aimables chefs-d'œuvre, Nadaud ne donne qu'une note très courte, dans les Commentaires inédits de ses chansons : « Comme cela arrive assez souvent, ce sont les quatre derniers vers : Allez, enfants, douces chimères, etc., qui ont été faits les premiers et ont amené tous les autres. » •

Elle est mon soutien et mon juge ; Dans son cœur j'ai placé ma foi, Dans sa conscience, ma loi.

Et dans sa bonté mon refuge.

Celle dont j'aime à vous parler, C'est ma sœur ou bien c'est la vôtre.

Car, que je chante l'une ou l'autre, Elles doivent se ressembler.

L'amitié n'est pas aussi tendre, L'amour n'a pas tant de douceur ; O vous qui n'avez pas de sœur.

Vous ne pouvez pas me comprendre.

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