‹ Pages choisies de NadaudChapitre 60 sur 146 · LE VALLON DE LA JEUNESSE · texte numérisé non relu

LE VALLON DE LA JEUNESSE

Un voyageur poudreux et las De la montagne atteint le faîte ; Il tente encore quelques pas, Puis s'assied et tourne la tête.

Le coteau si rude au départ Devant ses yeux fuit et s'abaisse.

Embrassons en cor d'un regard Le vallon de notre jeunesse.

Cent précipices ont en vain Interrompu sa marche sûre ; Où s'ouvrait un large ravin.

Il ne voit plus que la verdure.

Le torrent qui tombe au hasard De son murmure le caresse.

Embrassons encor d'un regard Le vallon de notre jeunesse.

Ah ! qu'ils sont doux au souvenir, Les jours rapides du voyage !

C'est quand les feuilles vont jaunir Qu'on sent la douceur de l'ombrage.

Le bonheur a bien quelque part Marqué sa passagère ivresse.

Embrassons encor d'un regard Le vallon de notre jeunesse.

Encor, encor quelques instants, Dit-il, la fatigue m'accable.

— Non, marche, marche, dit le Temps, Poursuis ta route infatigable. >• L'air est plus froid ; il se fait tard : Voici le soir de la vieillesse.

Embrassons d'un dernier regard Le vallon de notre jeunesse.

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