A MES PETITS-FILS
Mon petit-fils, quand vous lirez l'histoire
De ce temps-ci.
Vous ne saurez ce que vous devez croire Mais vous saurez ceci :
Que nous avons été victimes Des avocats et des rhéteurs.
Qui nous conduisaient aux abîmes En flagornant leurs auditeurs ;
I. 1871. — Une note des Commentaires inédits se rattache non pas à cette chanson mais à cette date, a A l'époque de la guerre, écrit Nadaud, je fis plusieurs chansons qui ne furent pas ou qui ne doivent pas être publiées. Elles étaient patriotiques, nationales, et par conséquent — pleines d'illusions. »
Qu'ils jouaient avec les problèmes Où les grands esprits sont trahis ; Ivres de leur gloire et d'eux-mêmes, Indifférents à leur pays ;
Qu'ils ont converti les croyances A leurs aphorismes moqueurs, Jouant avec les consciences, Souillant les esprits et les coeurs ; Gagés de toutes les polices, Aventuriers sans feu ni lieu, Dont nous nous fîmes les complices En leur laissant offenser Dieu :
Qu'ils se sont renvoyé le crime Qu'ils avaient commis en commun, De la base jusqu'à la cime Et de l'Empereur au tribun ; Que les peuples sont solidaires Des fautes de leurs gouvernants.
Et qu'il est juste que les pères Soient punis dans leurs descendants.
Mon petit- fils, quand vous saurez l'histoire
De ce temps-là.
Vous ne saurez ce que vous devez croire. Mais vous saurez cela.