‹ Pages choisies de NadaudChapitre 85 sur 146 · HYMNE A LA FRANCE · texte numérisé non relu

HYMNE A LA FRANCE

Non, tu n'es pas dégénérée,

O terre qui nous as nourris !

Va, nous te voulons honorée ;

Nous péririons sur tes débris,

Mais le temps n'est plus, des batailles ^!

Funestes toujours aux vainqueurs ; *

Ton amour est dans nos entrailles ; ;

Ton nom palpite dans nos cœurs ! ^

France, France !

Que Dieu te conduise toujours Dans la paix et l'indépendance !

France, France !

Sois notre orgueil et nos amours !

Ton sol est le premier du monde ;

Il sourit à tes nourrissons.

Un doux climat chauffe et féconde

L'opulence de tes moissons.

L'or n'est pas caché dans tes veines

Il naît partout de tes travaux ;

Il s'épanche en blé dans tes plaines

En vigne, il couvre tes coteaux.

France, France !

Déjà ton active industrie Apprend à traverser les mers ; Elle portera la patrie A tous les bouts de l'univers.

Usines, travaillez sans cesse ; Travaillez, métiers diligents ; Donnez le luxe à la richesse Et le salaire aux indigents.

France, France !

Tu règnes par droit de génie.

Ta langue a pénétré partout.

Qu'elle est douce, la tyrannie Des arts, des lettres et du goût !

Allez, sculpteurs, peintres, poètes.

Marbres, tableaux, musique, écrits, Voyagez ; partout où vous êtes.

Vous êtes aimés et compris.

France, France !

Non, tu n'es pas dégénérée, Et nos fils pourront te bénir Marche, généreuse contrée.

Dans les plaines de l'avenir.

Mais garde des luttes civiles Le silence fécond des champs.

Le bruit industrieux des villes.

L'art pacifique et les doux chants.

France, France !

Que Dieu te conduise toujoiirs Dans la paix et l'indépendance :

France, France !

Sois notre orgueil et nos amours ! ^

I. a Cette chanson, faite depuis très longtemps, a toujours attendu pour être publiée une époque favorable qui n'est peut-être pas encore arrivée. Je veux cependant espérer qu'elle arrive » (Note du poète, en 1892).

Dans beaucoup d'autres chansons, Nadaud a glorifié, ou bien vengé, ou bien défendu la patrie. Un bon nombre, une vingtaine peut-être, auraient pu encore figurer dans ce recueil, s'il n'avait fallu se borner à un « choix » des meilleures. Si quelques-unes sont inspirées par le simple amour de la France, comme le Constructeur, Paris, et les Grands jours de France, d'autres raillent l'Angleterre, coravae Albion en Egypte et les Côtes d'Angleterre, les plus nombreuses s'en prennent à l'Allemagne, comme la Providence des Brigands, le Vin du Rhin, la. Fiancée allemande, etc.. 'Déik celles qui ont trouvé place dans ce recueil justifient bien le titre de « Chansons patriotiques » que le poète n'adopta cependant pas dans ses diverses éditions, par modestie, très certainement.

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