‹ Pages choisies de NadaudChapitre 86 sur 146 · LE VOYAGE AÉRIEN · texte numérisé non relu

LE VOYAGE AÉRIEN

J'ai rompu le dernier lien Qui me rattachait à la terre ; Sur mon navire aérien Je m'élance dans l'atmosphère.

Le tissu flexible et léger Que gonfle le subtil fluide, Part, sans secousse et sans danger, Au hasard du vent qui le guide

La terre s'éloigne de moi ; Je glisse dans l'air diaphane ; Je vois l'abîme sans effroi.

Et dans l'immensité je plane.

Les champs dorés et les prés verts, Les eaux d'argent, les toits de brique, Forment, avec leurs tons divers, Une éclatante mosaïque.

Sous un brouillard épais et lourd Les villes grisâtres pâlissent ; Leur aspect sombre et leur bruit sourd Dans le néant s'ensevelissent.

O les humaines passions.

Les espérances mensongères !

O les basses ambitions

Oui grouillent dans ces fourmilières !

Adieu, terre ! j'ai pris mon vol Au delà des zones connues ; Mes pieds ne touchent plus le sol ; Je sonde l'infini des nues !

I. Sous ce titre ont été rangées de nombreuses chansons que l'auteur considérait à juste titre comme inséparables de la musique, et dont le lecteur aimera cependant d'avoir le texte sous la main.

Quant à la Musique, qui est toujours de Nadaud, on la trouvera chez les libraires ou au moins chez les éditeurs de musique, à Paris. Toutes les chansons ont été publiées séparément soit avec accompagnement de piano, soit sans accompagnement, avec chant et paroles seulement.

Voici le zénith étoile ; L'horizon disparaît immense ; Il semble que Dieu m'ait parlé.

Et que l'éternité commence !...

Mais l'air plus rare a, dans les cieux, Ralenti mon élan rapide ; Le froid me saisit, et mes yeux Se sont couverts d'un voile humide.

Ah ! c'en est fait, l'immensité Ne sied qu'à l'essence divine ; Je sens bien que l'humanité Frémit encore en ma poitrine.

Sur le sol qui soutient mes pas

Est une famille que j'aime ;

Des amis m'attendent là-bas.

Qui me sont plus chers que moi-même.

Ah ! que le soleil était beau !

Je veux, je veux fouler la terre, La terre qui fut mon berceau.

Et qui couvrira ma poussière !

Terre, terre, je te revois !

Salut, ma maison sédentaire, Gaîté des champs, calme des bois !

Salut, mes sœurs, salut, ma mère ! ^

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