Au denier trois, c'est-à dire à 33 p
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quelques-uns d'eux tirent de leurs espèces qui nous perd d'honneur et de réputation. Si tous mes confrères me ressemblaient nous ne serions pas si décriés; car pour moi, je ne prête uniquement que pour faire plaisir au prochain. Ah ! si le temps était aussi bon que je l'ai vu autrefois, je vous offrirais ma bourse sans intérêts; et peu s'en faut même, quelle que soit aujourd'hui la misère, que je ne me fasse un scrupule de prêter au denier cinq. Mais on dirait que l'argent est rentré dans le sein de la terre : on n'en trouve plus, et sa rareté oblige enfin ma morale à se relâcher... De combien avez-vous besoin? poursuivit-il en s'adressant à mon maître.
— Il me faut deux cents pistoles, répondit donMathias.
— J'en ai quatre cents dans un sac, répliqua l'usurier; il n'y a qu'à vous en donner la moitié. »
En même temps il tira de dessous son manteau un sac de toile bleue, qui me parut être le même que le paysan Talego venait de laisser avec cinq cents pistoles à Rodriguez. Je sus bieptôt ce qu'il en fallait penser, et je vis bien que Melendez ne m"avait pas vanté sans raison le savoir-faire de cet iniendant. Le vieillard vida le sac, étala les espèces sur une table, et se mit à les compter. Cetle vue alluma la cupidité de mon maître; il fut frappé de la totalité de la somme.
« Seigneur Descomulgado *, dit-il à l'usurier, je fais une réflexion judicieuse : je suis un grand sot. Je n'emprunte que ce qu'il faut pour dégager ma parole, sans songer que je n'ai pas le sou; je serai obligé demain de recourir encore à vous. Je suis d'avis de rafler les quatre cents pistoles pour vous épargner la peine de revenir.
— Seigneur, répondit le vieillard, puisque vous avez besoin de la somme entière, elle est à votre service, vous n'avez seulement qu'à songer aux assurances...
— Oh ! pour des assurances, interrompit Rodriguez