‹ Pages choisies des grands écrivainsChapitre 12 sur 82 · LA NUIT · texte numérisé non relu

LA NUIT

Que cherches- tu sur la terre endormie? ^ Mais déjà vers les monts je te vois rabaisser; Tu fuis en souriant, mélancolique- amie, Et ton tremblant regard est près de s'effacer.

Étoile qui descends sur la verte colline,

Triste larme d'argent du manteau de la Nuit, '

Toi que regarde au loin le pâtre qui chemine,

Tandis que pas à pas son long troupeau le suit, —

Étoile, où t'en vas-tu, dans cette nuit immense?

Cherches-tu sur la rive un lit dans les roseaux ?

Où t'en vas-tu si belle à Fheure du silence,

Tomber comme une perle au sein profond des eaux?

Ah! si tu dois mourir, bel astre, et si ta tête

Va dans la vaste mer plonger ses blonds cheveux.

Avant de nous quitter, un seul instant arrête ; —

Étoile de Tamour, ne descend pas des cieux !

Oh! qui n'a pas senti son cœur battre plus vite

A rheure où sous le ciel l'homme est seul avec Dieu?

Qui ne s'est retourné, croyant voir à sa suite

Quelque forme glisser, — quand des lignes de feu,

Se croisant en tous sens, brillent dans les ténèbres.

Comme les veines d'or du mur d'airain des nuits !

Lorsque l'homme effrayé, soulevant les tapis

Qui se froissent sur lui, croit que des cris funèbres

De courir à son or sont venus l'avertir... [dormir.

M alheur ! Qu and la nuit vient, l'homme est fait pour

Il est certain qu'alors l'Effroi sur notre tête Passe comme le vent sur la cime des bois, Et lorsqu'à son aspect le cœur manque, il s'arrête Et saisit aux cheveux l'homme resté sans voix.

(Extrait du Saule.)

byGoogk

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