‹ Pages choisies des grands écrivainsChapitre 13 sur 82 · LA MORT · texte numérisé non relu

LA MORT

Hommes, tous qui savez comprendre la douleur, Grémir, jeter des pleurs, prier sur une tombe, Pensez-Tous quelquefois à ce que doit souffrir Celui qui voit ainsi l'infortuné qui tombe, Et lui tend une main qu*il ne peut plus saisir? Celui qui sur un lit vient pencher son front blême Où les nuits sans sommeil ont gravé leur pftleur, Et là, d'un œil ardent, chercher sur ce qu*il aime Comme un signe de vie, un signe de douleur; Qui, suspendant son âme à cette âme adorée, S'attache à ce rameau qui va l'abandonner; Qui, maudissant le jour et sa vue abhorrée.

Sent son cœur plein de vie, et n'en peut rien donner! Et lorsque la dernière étincelle est éteinte, Quand il est resté là, — sans espoir et sans crainte, — Qu'il contemple ces traits, ce calme plein d'horreur, Ces longs bras amaigris traînant hors de la couche. Ce corps frêle et roidi, ces yeux et cette bouche. Où le néant ressemble encore à la douleur...

Il soulève une main qui retombe glacée; Et s'il doute, insensé I s'il se retourne, il voit La Mort branlant la tête et lui montrant du doigt L'être pâle, étendu sans vie et sans pensée.

(Extrait du Sotiif.)

byGoogk

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