I. Locke
%. Kanlé
byGoogk
J*irai m'agenouiller pour vous sur vos tombeaux.
Venez, rhéteurs païens, mattres de la science,
Chrétiens dés temps passés et rêveurs d'aujourd'hui : V^ Croyez-moi, la prière est un cri d'espérance !
, Pour que Dieu nous réponde, adressons-nous à lui.
Il est juste, il est bon; sans doute il vous pardonne. . Tons vous avez souffert, le reste est oublié. . Si le ciel est désert, nous n'offensons personne;
Si quelqu'un nous entend, qu'il nous prenne en pitié I
O toi que nul n'a pu connaître, Et n'a renié sans mentir, Réponds-moi, toi qui m'as fait naître, Et demain me feras mourir!
Puisque tu te laisses comprendre.
Pourquoi fais-tu douter de toi?
Quel triste plaisir peux-tu prendre A tenter notre bonne foi?
Dès que l'homme lève la tête.
Il croit t'entrevoir dans les cieux ; La création, sa conquête.
N'est qu'un vaste temple à ses yeux.
Dès qu'il redescend en lui-même, n t'y trouve ; tu vis en lui.
Si! souffre, s'il pleure, s'il aime, Cest son Dieu qui le veut ainsi.
De la plus noble intelligence La pins sublime ambition Est de prouver ton existence.
Et de faire épeler ton nom.
De quelque façon qu'on t'appelle, Brahma, Jupiter ou Jésus, Vérité, Justice étemelle.
Vers toi tous les bras sont tendus.
Le dernier des fils de la terre Te rend grâces du fond du cœur, Dès qu'il se mêle à sa misère Une apparence de bonheur.
Le monde entier te glorifie; L'oiseau te chante sur son nid; Et pour une goutte de pluie Des milliers d*ètres t*ont béni.
Tu n*as rien fait qu'on ne Fadmire; Rien de toi n'est perdu pour nous; Tout prie, et tu ne peux sourire, Que nous ne tombions à genoux.
Pourquoi donc, ô Maître suprôme, As-tu créé le mai si grand, Que la raison, la vertu même, S'épouvantent en le voyant?
Lorsque tant de choses sur terre Proclament la Divinité Et semblent attester d'un père L'amour^ la force et la bonté"^.
Comment, sous la sainte lumière.
Voit-on des actes si hideux, Qu'ils font expirer la prière Sur les lèvres du malheureux?
Pourquoi, dans ton œuvre céleste, Tant d'éléments si peu d'accord?
A quoi bon le crime et la peste?
Dieu juste ! pourquoi la mort?
Ta pitié dut être profonde Lorsqu'avec ses biens et ses maux, Cet admirable et pauvre monde Sortit en pleurant du chaos I
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Puisque tu voulais le soumettre Aux douleurs dont il est rempli > Tu n'aurais pas dû lui permettre De t'entrevoir dans Tinfini.
Pourquoi laisser notre misère
Rêver et deviner un Dieu ?
c Le doute a désolé la terre ; / Nous en voyons trop ou trop*peu.
Si ta chétive créature Est indigne de t'approcher, Il fallait laisser la nature Tenvelopper et te cacher.
Il te resterait ta puissance, Et nous en sentirions les coups ; Mais le repos et l'ignorance Auraient rendu nos maux plus doui.
Si la souffrance et la prière N'atteignent pas ta majesté, Garde ta grandeur solitaire; Ferme à jamais l'immensité.
Mais si nos angoisses mortelles Jusqu'à toi peuvent parvenir; Si, dans, les plaintes étemelles, Parfois tu nous entends gémir,
Brise cette voûte profonde Qui couvre la création; Soulève les voiles du monde, Et montre-toi, Dieu ju'kte et bon?
Tu n'apercevras sur la terre Qu'un ardent amour de la foi.
Et l'humanité tout entière Se prosternera devant toi.
PAOeS CHOISIES d'aLFRED DK MU8BBT. ^î^ j
Les larmes qui Font épuisée Et qui ruisselleat de ses yeux, Comme une légère rosée S'évanouiront dans les cieux.
Tu n'entendras que tes louanges Qu'un concert de joie et d'amour.
Pareil à celui dont tes anges Remplissent l'étemel séjour;
Et, dans cet hosanna suprême, Tu verras, au bruit de nos chants, -S'enfuir le doute et le blasphème, Tandis que la Mort elle-même Y joindra ses derniers accents.
Février I8M.
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