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XVIII NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE

On a reproché au style du P. Gratry d'être obscur, reproche est celui des esprits superficiels qui n'ont j-, • vivifié leur littérature de sciences, qui sont restés d > esprits purement littéraires. Il nous semble que ces espr. -':> se font de plus en plus rares. A mesure que l'enseigneme •> devient plus scientifique, que la physique, que les math . mathiques, que la géologie, que l'astronomie deviennent populaires, que l'étude de ces sciences remplace ou complète l'étude ou la méditation des écrits de Cicéron et de Démosthène, l'esprit moderne prend une autre forme. Nous croyons, avec beaucoup d'observateurs, que notre littérature évolue en ce moment et se revêt de formes plus scientifiques.

Désormais les poèmes épiques, que l'on trouve à l'origine de toutes les littératures, sont impossibles, mais cela ne veut pas dire que toute poésie, tout merveilleux est désormais exclu de la littérature moderne. Ce merveilleux, cette poésie ont changé de nature. C'est un merveilleux scientifique, une sorte de poésie scientifique.

Le P. Gralry sera, avec trois ou quatre auteurs de ce dernier quart de siècle, l'un des premiers représentants de cette littérature nouvelle.

Nous devons constater, au moins pour le déplorer, que le P. Gratry n'a pas exercé, malgré les qualités de son style, l'élévation de sa philosophie, sur la littérature et la philosophie d'influence bien visible. Son esprit était encore inculqué cependant jusqu'à ces dernières années à l'École normale par le maître éminent que la France entière a regretté, M, Ollé-Laprune, et à plusieurs indices on sent que l'influence du grand oratorien peut revivre. Citons ici Fappréciation que M. Ollé-Laprune lui-même, dans Les sources de la paix intellectuelle, a portée sur celui dont il se disait et dont il était le disciple :

« Si la pensée redevient chrétienne, une philosophie nouvelle naîtra, qui sera l'expression et le fruit de l'intelligence régénérée et pacifiée. Que sera-t-elle? Je ne sais. Elle conciliera sans doute l'action humaine avec l'action divine, le mouvement incessant des choses et de la pensée même avec l'immutabilité des principes et de la vérité. Elle recueillera les plus précieux résultats des sciences et les idées maîtresses qui en dirigent la marche, et par là elle enrichira, elle rajeunira la métaphysique sans rien perdre

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