LETTRE-PRÉFACE IX
dluii très commun dans la littérature courante; mais l'humanité finit toujours par reconnaître et suivre ceux qui la comprennent le mieux et sont les meilleurs interprètes de ses pensées et de ses désirs. On peut espérer le retour d'un u flot nouveau » pour remettre en évidence et en honneur les hautes préoccupations des grands esprits.
Le P. Gratry est un de ces « positifs », une de ces âmes ardentes et lumineuses de prophète dont on aime à entendre vibrer les convictions et les oracles. Sa parole sympathique fait appel à ce qu'il y a de plus noble et de plus généreux en nous. Sa pensée, qui toujours plane sur les hauteurs et nous y entraîne, bien que voilée parfois sous les enveloppes symboliques d'un mysticisme nécessairement obscur, nous ouvre à chaque instant des horizons illimités dont la vue nous repose des vulgarités de la vie pratique et des mesquines préoccupations d'en bas.
S'il pose plus de questions qu'il n'en résout; si telles ou telles de ses affirmations lui sembleraient à lui-même aujourd'hui de naïves crédulités; du moins, ce qui est actuellement d'un grand prix, il nous oriente, et nous stimule. Les plus hauts, les plus intéressants problèmes sont le miheu où ce grand esprit se plaît continuellement à déployer son activilé.fPour peu que nous consentions à lui prêter de ' notre attention, il nous la prend tout entière et nous passionne avec lui. C'est un inspiré qui nous inspire; un Intclleclurl ou plutôt un spirituel qui, en nous faisant admirer et aimer ses intuitions, nous communique le désir de cultiver en nous la faculté qui les perçoit.)
Unissant la sérénité contemplative d'un moine à l'humeur belliqueuse d'un chevalier sans peur et sans reproches, toujours disposé « à rendre raison de l'espérance qu'il porte dans son cœur », comme à