PHILOSOPHIE, DOMAINE PRINCIPAL DE L ERREUR
Si telle est la condition de l'homme, à l'égard de la V certitude; si (les points de départ de la pensée pris en eux-mêmes sont vrais^si(les données sont vraies, celles des sens comme celles de la raison -^ si (les premières appréhensions ne trompent jamais, comme en conviennent toutes les écoles) non sophistiques, si(Dieu même cherche à nous parler, à nous instruire, par toutes les impressions que nous transmettent les choses^ comment donc se fait-il que l'erreur soit partout? Dieu sème en nous la vérité, et nous, nous recueillons l'erreur! L'esprit humain ne pourrait-il pas dire à Dieu ce que disent au père de famille ses serviteurs, dans l'Évangile : « Seigneur, n'avez-vous pas semé du bon grain dans votre champ? Comment donc y a-t-il de l'ivraie? » Que répondre à ceux qui nous poseraient, en Logique, la même question et nous diraient : Pourquoi donc y a-t-il de l'erreur? Essayons de répondre.
Et d'abord, n'exagérons point l'état du genre humain à l'égard de l'erreur. Il y a, sur la face de la terre, beaucoup d'erreurs, mais encore plus de vérités, comme il y a certainement, dans le champ de tout laboureur, beaucoup plus de bon grain que d'ivraie. En premier lieu, la véritable religion, le Christianisme, est donnée, et