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PHILOSOPHIE IN'CONNUE DE CERTAINS SIÈCLES

partagé ces idées.(Aujourcrhiii nous croyons, avec saint ^ Augustin, qu'il y a une philosophie humaine véritable {una verissima philosophiœ disciplina... Sapieiitiam humanam dico)^

Toutefois, nous comprenons encore facilement l'opinion opposée à celle qui est maintenant la nôtre ; nous l'explifiuons, et nous admettons hautement ce qu'elle renferme de vérité.

PHILOSOPHIE INCONNLE DE CERTAINS SIECLES, TROP MELEE A LA SOPHISTIQUE, INCOMPLETE SUR PLUSIEURS POINTS

Ce qui est vrai, c'est que,(depuis le milieu du xviii^ siè- ^ cle, par la faute de ce siècle, il n'y a plus de philosophie en Europe^ et que, depuis ce temps, (la philosophie*" qui existait au xvii<^ siècle est perdue) La tradition en est interrompue; les monuments subsistent; mais, sans la tradition, les monuments n'ont plus de sens. « Il se lieut, disait Aristote, que les sciences et les arts aient été plusieurs fois perdus. » En un sens, ceci est vrai, du moins pour la philosophie. 11 y a des siècles qui la perdent, il y a des siècles qui la retrouvent. (Depuis ^ Leibniz, je ne vois plus qu'une nuit philosophique.^ et c'est pour cela même que (les esprits sérieux qui s'éveillent an milieu de cette nuit^comme Jouffroy, Maine de Biran et d'autres, (ne voient autour d'eux que ténèbres * et demandent avec inquiétude si le jour est possible!)

Quel singulier spectacle, par exemple, que de voir Maine de Biran, par l'énergique et heureux effort d'une vie entière, retrouver une à une, comme en creusant la terre avec ses doigts, toutes les pièces principales de la philosophie, et saisir, comme de magnifiques découvertes, ce qui était vulgaire et usuel, à plusieurs époques du passé!

On comprend donc comment de bons esprits, qui ne sont pas encore entrés dans l'intelligence du passé, ont pu dire : « Il n'y a jamais eu de philosophie. »

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D'un autre côté, la philosophie en elle-même, telle qu'elle a existé autrefois, telle qu'on la retrouve dans les L,.ands philosophes du premier ordre, n'a pas encore atteint, il s'en faut de beaucoup, son plein développement.

D'abord elle n'a jamais été assez nettement dégagée de son contraire, la sophistique. Les sophistes, encore beaucoup trop mêlés aux philosophes, les arrêtent à chaque pas, leur couvrent à chaque instant la voix. Les philosophes perdent, le plus souvent à tort, un temps précieux à leur répondre, et malgré leurs efforts, le plus grand nombre des spectateurs, confondant les uns et les autres, affirment que les philosophes ne s'entendent en rien, et qu'ils enseignent le pour et le contre sur toute question. Grâce à Dieu, néanmoins, la séparation scientifique et précise de ces deux directions contraires de la pensée s'opère maintenant sous nos yeux, par l'excès d'audace des sophistes. Le temps vient, où les philosophes pourront dire aux sophistes, comme Abraham à Loth : « Vous allez à gauche, nous à droite, séparons-nous. » Selon nous, il est urgent de reconnaître enfin qu'il y a en philosophie des méchants qu'il faut fuir, avec lesquels il faut rompre tout pacte, et qu'il ne faut point saluer. Ce sont eux qui font naître l'ivraie dans le champ de l'esprit humain. Ces esprits pervers doivent être traités en ennemis, et l'on doit travailler à les exterminer, comme le fit Cicéron à l'égard de l'Em-

^ pire, qu'il se flatte d'avoir supprimé.(ll faut des haines vigoureuses, et, s'il se peut, triomphantes, contre l'abominable secte des sophistes!) Les falsificateurs de la pensée, les corrupteurs des admirables semences intelligibles que Dieu donne, doivent être, de temps en temps, retranchés avec décision par la philosophie indignée et atteints d'une de ces foudroyantes excommunications qui terrassent pour des siècles.

V Quoi qu'il en soit,(il faut dire enfin que la philosophie n'a pas encore entièrement décrit sa méthode) Elle en a fait usage, elle en a employé toutes les parties, mais

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