‹ Pages choisies des grands écrivainsChapitre 25 sur 68 · VIRGILE CHEZ LES MODERNES · texte numérisé non relu

VIRGILE CHEZ LES MODERNES

Ce que je disais il y a quelque temps d'Horace* n'est pas moins vrai de Virgile : c'est un poète qui, en France, n'a pas cessé d'être dans l'usage et dans l'affection de tous. Mais que dis-je, en France? Virgile, depuis l'heure où il parut, a été le poète de la Latinité tout entière. Il a donné une nouvelle forme au goût, aux passions, à la sensibilité; il a deviné, à une heure décisive du monde, ce qu'aimerait l'avenir. S'il a trop dispensé, et les modernes et les Romains déjà, de l'antique et divin Homère, c'est qu'il y a dans les choses une nécessité fatale et une loi de succession et de renouvellement; c'est qu'on ne remonte pas avec une égale facilité le cours des âges et des fleuves nés de sommets trop différents;

\. Je dis que le grand observateur Huber, à qui l'on doit l'histoire naturelle des abeilles, les voyait, bien qu'en réalité il fût aveugle; mais lui-même il disait qu'il voyait, tant il usait bien des yeux de son fidèle secrétaire, et de ceux de sa rerame ou de son fils.

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