Ibid., III
INTIlOI)Ur,TION XXXI
fil j.im.iis un livre pour l'itauclicr les {tassions aclurllcs (le sou cour, mais il sut l)i(Mi trouver dans les aeeideuls anciens de son être individuel, dans ces sentiments rt'fioiilis qui ne sont plus que souvenirs et expt'ricnces, la lualière pour composer dans l'idéal, la lumirre pour comprendre sous le réel la vie intérieure de l'âme^'^La sul>staïu'e morale de M'"^' Bovary est faite des tendances rouuuitiques de Haulu^rt, juj^'ées par lui dans l'abstrait, et trans|7ôsées~ïïaïïs des conditions dilTérenles de sexe, de caractère, d'éducation, de pression sociale. VËdncation sentimentale est une description rcctiliée, généralisée, ramenée aux l'ormes tyjtes, des années de leunessc de Plauherl, des trahisons de la vie qui dc^'onlle les rêves généreux et déprime rame enthousiaste : il a seulement eu soin de retirer d'abord au caractère principal rélément d^exccplion qui était en lui, la vocation artistique; par celte suppression, l'œuvre perd tout aspect de co uTe s s i o n personnelle, et devient l'étude de la vie moyenne et normalci'
11 n'eut point la superstition des textes ni des notes prises sur le vif. Il savait qu'on ne crée point la vie avec ' ces découpages et celle marqueterie. 11 composait ses personnages, déduisant de leur définition les actes nécessaires qui en pourraient manifester l'essence. Il concevait son (ruvrc^ formant le plan d'ensemblç. distribuant, ordonnant les parties, marquant son but, et tontes Ip'î étapes du — chemm. Il savait par où il devait passer, combien de temps Tr pouvalr s'arrêter à chaque endroit et de quel point, sous quel angle, par quel jour il devait regarder chaque objet. 11 utilisait pour cette minutieuse préparation toutes ses acquisitions accumulées, expérience directe de la vie, élude des tvpes psvchologigues dans l'histoire ou dans la vie, recherches spéciales suggérées par la première idée de l'œuvre. Il faisait sa maquette, n'ayant souci que de dégager la beauté, et de réaliser celle harmonie, celle imité, gui est dans l'œuvre d'art le signe de la vérité et le principe de la vie. Puis quand il venait à l'exécution, c'est alors qu'il observait curieusement, âprement : il se plantait devant la chose à décrire, ne la quillant, si connue et si banale qu'elle fût, que lorsqu'il y avait aperçu ce que personne avant lui n'avait noté, c'est-à-