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IMHODUCTION XXXV
Il se peut faire que les lliéorics de Fl.iul)ert ne sci:nl pas toujours vraii's, qu't'lliis ne s'iinposcnt pas avec évidence à tout le monde. Mlles ont ce mérite cminont de valoir pour lui, et ce niéiile plus rare de ne pas correspondre k la pente de son tem|)éramenl. A Tordinaire un artiste l'ait la théorie de son talent : c'est-à-diie qu'il érige ses instincts, ses capacités, ses goûts, ses sympathies en lois de l'art. Ce n'est pas le cas de Flauhert. 11 n'a pas posé des principes [)our s'autoriser à suivre sa nature : il l'a fait pour se délendre contre sa nature, pour la rectifier, la comuLcter. Ainsi les dons innés bouchent les trous de la doctrine, les mérites de la doctrine remédient aux défauts innés : et le grand artiste trouve son équilibre.
Cette théorie n'eût pas sans doute produit de tels fruits, si elle ne s'était appliquée à une nature qui d'ellemême penchait en sens inverse. Flaubert impose la rigueur de la méthode scientificpic et de rexécution artistique à un tempérament romantique, où surabondaient la sensibilité et 1 imagination. !Sa tlieoric l'ut surtout une discipline, et fit de sa i)roduclion une œuvre de volonté.
De là ce dur labeur, ces six ou sept années passées à bâtir Madame Bovary, ces quatre ou cinq ans donnés à Salammbô, ces sept ans qu'absorbe en majeure partie \ Éducation sentimentale : de là cette api)lication acharnée, épuisante, dont les lettres contiennent des aveux significatifs : vin<jt pages en un mois en travaillant S' pt h'ures par jour, cinq Jours pour une page H Ce n'est pas (ju'il manque de facilité : mais il se défie du travail qui se fait tout seul, et quand il écrit de verve, il s'arrête bientôt iiKjuiet, il biffe et sacrifie sans pitié sa prose trop facile. Il croit que la beauté, comme la vertu, s'atteint par l'elVort, par la persévérance, par la meurtrissure de l'être.
Il se donne sa tâche saii^^)mplaisan>-c. Il s'obliire à peindre la réalité contemporaine, il la peint avec dégoût,