‹ Pages choisies des grands écrivainsChapitre 5 sur 31 · BALZAC D APRES SA CORRESPONDANCE XIX · texte numérisé non relu

BALZAC D APRES SA CORRESPONDANCE XIX

mœurs, de silhouettes; il recueille la physionomie dune place, d'une rue, d'une maison, la topographie d'un faubourg ou d'une ville ; il se fait un assortiment de « milieux » où il pourra baigner les caractères généraux pour leur donner la particularité intense de la vie.

Il écrit à madame Carraud au moment où il va utiliser Angoulême pour los Illusions perdues : « Je voudrais savoir le nom de la rue par laquelle vous arriviez sur la place du Mûrier et où était votre ferblantier ; puis le nom de la rue qui longe la place du Mûrier et le Palais de Justice, et menait à la première maison de M. Berges ; puis le nom de la porte qui débouche sur la cathédrale ; puis le nom de la petite rue qui mène au Minage et qui avoisine le rempart, commençant auprès de la porte de la cathédrale... Je voudrais savoir, si cela était possible, le nom de l'autre porte par où l'on descendait directement à l'Houmeau... Si le commandant (Carraud) me fait un plan grossier, ce n'en sera que mieux. »

Il rêve pendant plusieurs années d'écrire le roman des guerres impériales : la Bataille. Mais il lui faut avoir vu le Danube, Essling, l'île de Lobau : et il va en effet prendre ses notes sur place.

Mais aussi il sera facile de constater que Balzac, qui\ voit nettement le caractère des choses, leur expression morale, leur relation aux modes de l'activité et de la sensibilité humaine, n'a pas le sens de la beauté intrinsr>qbt!, du charme intime de la nature. Il peint mieux la ville que la campagne, et le jardin que la

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