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LE JOUR DE PAQX7ES

Réflexions sur le caractère des fêtes de Pâques ; leur rapport harmonique avec le printemps.

Dimanchey jour de Pâques. — L'Église s'est montrée

1. DéesftO des moissons, en l'honneur de laquelle les anciens célébraient émê cérémonies secrètes.

Miule nouvellement planté commence à égayer de sa jeune verdure, je me suis demandé pourquoi l'Église n*a \tès mis aussi la fête des morts le lendemain de la fête de Pâques ? Si, d*après la foi catholique, Christ est mort pour sauver le monde, s'il est ressuscité pour remonter la ciel amenant avec lui les âmes bienheureuses qu'il fanait de racheter, la fête des morts ne peut être qu'une ftte de résurrection. Elle devrait donc venir logiquenent, non pas en novembre, quand la saison s'achève dins la mélancolie attristée d'une destinée qui finit, mais bien mieux, au moment de Tannée où tout veut repartir, revivre, s'élancer vers la lumière. C'est-à-dire au printemps, k Pâques fleuries. Si l'Eglise eût fait cela, notre imagination, au lieu de s'enténébrer de pensées de deuil et de chercher les morts où ils ne sont plus, n'aurait recueilli de son culte touchant que les pensées consolantes et fécondes. Elle n'aurait vu de tous côtés, audessus des tombes, que des âmes en route pour le ciel. Heureuses, celles de ces âmes qui se seraient fait, par toutes sortes de bonnes actions, de belles ailes rapides et légères pour monter plus vite à Dieu. Je vois que le peuple de Paris, si exact à visiter les cimetières, le jour de la Toussaint, y revient de lui-même à Pâques, comme s'il voulait associer ses morts à la joie qu'il a de sortir des tristesses de l'hiver et de se sentir revivre. 11 faudrait tenir compte de l'instinct des foules.

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