‹ Pages choisies des grands écrivainsChapitre 120 sur 258 · Vil[ofon · texte numérisé non relu

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gunlins, qui com battirent longtemps sur les décombres de leur ville et cherchërenl la mort dans les flammes ou dans les bataillons ennemis. Cette ville semble avoir eu contre elle la haine de tous les Espagnols, amis d'Haiioilial. 11 avait réuni pour ce siège jusqu'à cent cinquante mille hommes, tandis qu'il n'en arma contre Rome que quatre-vingt mille.

Pendant la longue résistance de Sagunte (319), des députés de Rome débarquèrent en Espagne pour réclamer auprès d'Hannibal. L'Africain leur envoya dire qu'il ne leur conseillait pas de se risquer au milieu de tant de barbares en armes pour arriverjusqu'à son camp, et que, pour lui, il avait autre chose à faire que d'éciulcr des harangues d'ambassadeurs Les députés passèrent à Carthagect demandèrent qu'on leur livrât Hannibal, comme s'il eût été au pouvoir de la république de le faire quand méioe elle l'eût voulu. Cependant Sagunte avait succombé. Une nouvelle députation vint demander aus Carthaginois si c'était da leur aveu qu'Hannibal avait ruiné celte ville. Ceuï-ci, honteux d'avouer qu'HanuiLal les vengeait malgré eux, répondirent : < Celte question n'inliresse que nous; le seul point sur lequel vous puissiez demander des explications, c'est sur le respect des trailÉs; celui qu'Rasdrubal a fait avec vous, il l'a fait sans y Être autorisé. » — Alors Quintus Fabius relevant un peu sa toge : « Je vous apporte ici, dit-il, la guerre et la N>; choisissez, u Les Carthaginois, partagés entre la "aînle et la haine, lui crièrent : a Choisissez vouswiioe. > Il laissa retomber sa toge, et répliqua : « Je TOUS donne la guerre, — Nous l'acceptons, dirent-ils, et ions saurons la soutenir. »

Cependant Hannibal s'était rais en marche pour l'Italie. Des riches dépouilles de Sagunte, il avait envoyé les

luhles à Carliiage, donné les prisonniers aux soldais', gardé l'argent pour l'expMilion. Il s'élaîl allaché son armée en la gorgeant de richesses. II était sûr qu'ancuu de ses Espagnols n'abandonnerait un service aussi lucratif, au point qu'il ne craignitpasdeleurpermeltFedei*tourner quelque temps chez eux pour y déposer leur bulin. '

C'était pourtant une audace extraordinaire que d'entreprendre de pénétrer en Italie, à travers tant de nations barbares, tant de fleuves rapides, et ces Pyrénées, et res Alpes, dont aucune armée régulière n'avait encore Tranchi les neiges éternelles. Depuis un siècle qu'Alexandre avait suivi dans l'Inde les pas d'Hercule et de Bacchus', aucune entreprise n'avait été plus capable d'exaller et d'effrayer l'imagination des hommes. Et c'étaient anssi les traces d'Hercule qu'Hannibal allait trouver dans les Alpes. Mais quels que fussent ces dangers et les difficultés de la roule de terre qui conduisait en Italie, il ne voulut point solliciter les (lottes de Carlhage ni se melire dans sa dépendance. Il lui convenait d'ailleurs de traverser ces peuples barbares, tout pleins de la défiance qu'inspirait la grande ville italienne et du bruit deses richesses.

Il espérait entraîner contre elle les Gaulois des deui c6tés des Âlpes^, comme il avait fait des Espagnols, et donner à cette guerre l'impétuosité et la grandeur d'une invasion universelle des barbares de l'Occident, comme plus tardMitliridale' enirepritde pousser sur Rome ceux e l'Orient.

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