‹ Pages choisies des grands écrivainsChapitre 151 sur 258 · MORT DE CHARLES LE TÉMÉRAIRE · texte numérisé non relu

MORT DE CHARLES LE TÉMÉRAIRE

Le plus puissant adversaire de Louis XI, le duc de Bourgogne Charles le Téméraire, travaillait à devenir maître de tout le pays entre la Meuse, le Rhin et les Alpes. Il fut arrêté du côté du sud parles Suisses, du côté de la Lorraine par René de Lorraine, et lût tué dans un combat au siège de Nancy.

L'hiver, cette année-là, fut terrible, un hiver de Moscou ^

Le duc éprouva (en petit) les désastres de la fameuse retraite. Quatre cents hommes gelèrent dans la seule nuit de Noël, beaucoup perdirent les pieds et les mains. Les chevaux crevaient ; le peu qui restait était malade et languissant. Et cependant comment quitter le siège l&rsque d'un jour à l'autre tout pouvait finir, lorsqu'un Gascon échappé de la place annonçait que l'on avait mangé tous les chevaux, qu'on eu était aux chiens et aux chats?

La ville était au duc, s'il en gardait bien les entours, si personne n'y pénétrait.

René, avec ce qu'il avait ramassé de Lorrains, de Français, avait près de vingt mille hommes, et il savait par Campobasso que le duc n'en avait pas quatre mille en état de combattre. Les Bourguignons entre eux décidèrent qu'il fallait l'avertir de ce petit nombre. Personne n'osait lui parler. II était presque toujours enfermé dans sa tente, lisant ou faisant semblant de lire. M. de Gbimai', qui se dévoua et se fit ouvrir, le trouva couché

i. Allusion à l'hiver de 1812, qui fit périr rarmée do Napoléon l" après rincendie de Moscou.

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