Un des seigneurs de son escorte
tout vêtu sur un lit et n'en tira qu'une parole: « faul, jecomballraiseul. » Le roi de Portugal, qui voir, était parti sans obtenir liavaiitagfe.
On lui parlait commiB à un vivaul, mais il étùtfl mon... La Comlé' négociait sans lui, la Flandre' ganhitfl
fille en olage; la Hollande, sur lo bruit de »iim<ii(l
i se répandait, chassa ses receveurs (fin décembre...') 4 le terme fatal était arrivé. Ce qui restait de mieuikl faire, s'il ne voulait pas demander pardon à ses sojels, I c'était de se faire tuer à l'assaut ou d'essayer si la iietile^.V bande très éprouvée qui lui reslail ne pourrait passer M corps à toutes les troupes que René amenail.Q ] avait de l'artillerie et René n'en avait pas (ou fort peu). Il avait peu d'hommes, mais c'étaient vraiment les siens. des seigneurs et des gentilshommes pleins d'honneur, d'anciens serviteurs, très résignés à périr avec lui.
Le samedi soir, il tenta nn dernier assaut que les affamés de Nancj- repoussèrent, forls qu'ils étaient d'espoir et de voir déjà sur les tours de Saint-Nicolas a iGsjoyeni signaux de la délivrance. Le lendemain, par une grosse neige, le duc quitta son camp en silence et s'en alla audevant, comptant fermer la roule avec son artillerie. Il n'avait pas lui-même beaucoup d'espérance; comme il mettait son casque, le cimier tomba de lui-même : « Hoc est signum Dei*, » dit-il. Et li monta sur son grand cheval noir.
Les Bourguignons trouvèrent d'abord un ruisseau
les neiges fondantes; il fallut j en
se mettre eu ligne et attendre \es
Ceux-ci, gais et garnis de soupe chaude, largement arrosée de vin, arrivaient de Saint-Nicolas. Peu avant la rencontre, c un Suisse passa prestement une étole, ^ leur montra une hostie et leur dit que, quoi qu'il arrivât, ils étaient tous sauvés. Ces masses étaient tellement nombreuses, épaisses, que tout en faisant front aux Bourguignons et les occupant tout entier il fut aisé de détacher derrière un corps pour tourner leurs flancs, comme à MoratS et pour s'emparer des hauteurs qui les dominaient. Un des vainqueurs avoue lui-même que les canons du duc eurent à peine le temps de tirer un coup. Se voyant pris en flanc, les piétons lâchèrent pied. Il n'y avait pas à songer à les retenir. Ils entendaient là-haut le cor mugissant d'Unterwald, l'aigre cornet d'Uri^. Leur cœur en fut glacé, c car, à Morat, l'avoient entendu. »
Ceux de Nancy, qui voyaient tout du haut des murs, furent si éperdus de joie qu'ils sortirent sans précaution : il y en eut de tués par leurs amis les Suisses, qui frappaient sans entendre. Une grande partie de la déroute fut entraînée par la pente du terrain au confluent de deux ruisseaux, près d'un étang glacé. La glace moins épaisse sur ces eaux courantes, ne portait pas les cavaliers. Là vint s'achever la triste fortune de la maison de Bourgogne. Le duc y trébucha, et il était suivi par des gens que Campobasso avait laissés tout exprès. D'autres croient qu'un boulanger de Nancy lui porta le premier coup à la tête, qu'un homme d'armes, qui était sourd, n'entendit pas que c'était le duc de Bourgogne et le tua à coups de pique.
1. Où les Suisses avaient vaincu Charles le Téméraire (1476).
S. Les raoutagnards des petits can-
tons Suisses se servaient dans leurs guerres des instruments do musique dus bergers.
J. MICIIELET.
Cela eut lieu le dimanche(5 janvier 1477); lundiso I< on ne savait pas encore s'il était mort ou en vie. Le rhroi niqueur de René avoue naîvemenl que son maître aral grand'peur de le voir revenir. Au soir, Campobasso, qnN peut-être en savait plus que personne, amena au duci^ page romain de la maison Colonna', qui disait a ■ tomber son maître, t Ledict paige bien accompaigné, s'il I allircnt... Commencèrent h chercher tous les m« [ esloient tous nuds' et engellez, à peine les pouvoil-ol I cognoislre ».
Il avait été bien maltraité. Il avait une grande plaiuà ' la tête, une blessure qui perdait les cuisses, et encore une au fondement. Il n'était pas facile à reconnaître. En dégageant sa tète de la glace, la peau s'était enlevée. Les loups cl les chiens avaient commencé à dévorer l'autre joue. Cependant ses gens, son médecin, son valet de chambre et sa lavandière, le reconnurent à sa blessure do Montlhéry^,aux dents,aux ongleset àquelques signes cachés.
Il fut reconnu aussi par Olivier de la Marche'
sieurs autres principaux prisonniers. René, t
manteau de deuil, avec tous ses capitaines deLorraîne el de Suisse, vint lui jeter l'eau bénite, « et lui ayant pris la main droite, par-dessous le poêle'', » il dit bonnement : ^ lié dea ! beau cousin, vos âmes ait Dieu! Vous nous aver. fait moult maux et douleurs. «
Il n'était pas facile de persuader au peuple que celui dont on avait tant parlé était bien vraiment mort.., était caché, disait-on, il était tenu enfermé; il s'était |
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i. Nobls
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moine; les pèlerins l'avaient vu en Allemagne, à Rome, à Jérusalem; il devait reparaître tôt ou tard, comme le roi Arthur* ou Frédéric Barberousse* : on était sûr qu'il reviendrait. Il se trouvait des marchands qui vendaient à crédit, pour être payés au double alors que reviendrait ce grand duc de Bourgogne.
On assure que le gentilhomme qui avait eu le malheur de le tuer, sans le connaître, ne s'en consola jamais, et qu'il en mourut de chagrin. S'il fut ainsi regretté de l'ennemi, combien plus de ses serviteurs, de ceux qui avaient connu sa noble nature avant que le vertige lui vînt et le perdît ! Lorsque le chapitre de la Toison d'or' se réunit la première fois à Saint-Sauveur de Bruges*, et que les chevaliers, réduits à cinq, dans cette grande église, virent sur un coussin de velours noir le collier du duc qui tenait sa place, ils fondirent en larmes, lisant sur son écusson, après la liste de ses titres, ce douloureux mot : Trespassé.
mCHEL-ANGE ET LA CHAPELLE SIXTINE
Le XVI* siècle commence par un grand mouvement artistique, la Renaissance, qui a son origine en Italie. Michclet est amené ainsi à parler du plus puissant des artistes italiens, Michel-Ange, à la fois sculpteur et peintre. Il décrit les fresques de la chapelle Sixtine à Rome.
Le pape^, lui ordonna à lui sculpteur, de peindre la chapelle Sixtine. Michel-Ange n'avait jamais touché
1. Roi du pays de Galles vers le VI* siècle, devenu le héros national des Gallois.
S. Empereur d'Allemagne ; la légende disait qu'il était enfermé dans
une montagne.
3. Ordre de chevalerie fondé parle duc de Bourgogne, père de Charles.