‹ Pages choisies des grands écrivainsChapitre 154 sur 258 · Vtft ûe llTl à mu · texte numérisé non relu

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Savonarole^ C'est donc dans cette solitude absolue des années 1507 à 1510, c'est pendant la guerre de la ligue de Cambrai, où le pape porta le dernier coup à l'Italie en tuant Venise^, que le grand Italien fit les prophètes et les sibylles ^, réalisa cette œuvre de douleur, de liberté sablime, d'obscurs pressentiments, de pénétrantes lueurs. La lampe que le grand cyclope portait au front dans l'obscurité de sa voûte*, elle nous éclaire encore.

Il y a mis quatre ans. Moi, j'ai mis trente ans à l'interroger. Pas une année, du moins, ne s'est passée, que je ne reprisse cette Bible, ce Testament, qui Ji'est ni l'ancien ni le nouveau, mais d'un âge encore inconnu; né de la Bible juive, il la dépasse et va bien au delà.

Dante,qu'il a suivi plus tard dans le Jugement dernier^, et trop sans doute, ne paraît point du tout ici. Et les sibylles ne sont pas davantage virgiliennes^ Celles-ci sont robustes et terribles, et leur trépied de fer est le trône du destin.

Il faut bien se garder d'aller dans la chapelle, comme on fait, aux solennités de la semaine sainte et avec la foule. Il faut y aller seul, s'y glisser, comme Je pape osait le faire parfois(mais Michel-Ange l'effraya en jetant une planche). Il faut affronter seul ce tête-à-tête. Rassurez-vous: cette peinture, éteinte et obscurcie par la fumée de l'encens etdes cierges, n'a plus le même trait de terreur; elle a perdu de ses épouvanlements, gagné 60 harmonie, en douceur; elle participe de la longue

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