CALVIN ET GENÈVE
C*est en AUemagne que commença la Réforme : le luthéranisme ftit une réforme tout allemande. Le chef de la Réforme française fut un Picard, Calvin, qui, par suite d*un hasard, s'établit à Genève, et y créa un centre de propagande.
Né Picard, d'un pays fécond en révolutionnaires, en bouillants amis de l'humanité, né peuple et petit-fils d'un simple tonnelier, fils d'un greffier de Noyon* qui, tour à tour, travailla dans les deux justices, ecclésiastique^ et civile, Calvin se trouve avoir en naissant un pied dans le droit, un pied dans l'Église. On lui donne à douze ans une sinécure cléricale, qu'il jette bientôt avec le désintéressement altier de Rousseau ^ ou de Robespierre'. Il vit de peu, de rien, pauvre jusqu'à sa mort.
C'était un travailleur terrible, avec un air souffrant, une constitution misérable et débile, veillant, s'usant, se consumant, ne distinguant ni nuit ni jour. Il aimait uniquement l'étude, le grec surtout, et les lettres saintes.