‹ Pages choisies des grands écrivainsChapitre 173 sur 258 · ba XV aiècls. Vofi plui haul · texte numérisé non relu

ba XV aiècls. Vofi plui haul

monvemeat. mats elle a le malice, de bonté.

n épisode do l'hiitaire de l'Empire

Ibrahim, fils d'un matelot grec de Praya, était de race énergique el rusée qui remplit loul l'Orient deson activité. Enfant, il fui enlevé et vendu par des corsaires turcs h une Teuve de Magnésie ', qui. d'un coup rt'œil i* femme, vil qu'il était né pour plaire el monter au plus haut. Il apprit le persan, l'italien, plusieurs laonnf^ d'Aaie et d'Europe, lut les poètes, l'histoire, dévorais vies d'Hannibal. de César, d'Alexandre le Grand, ([u'il relisait sans cesse. Mais si le but fui haut, la voie toi basse, celle qui dans l'Orient mène à tout, le sérail'- Il entra par sa d^ure heureuse et son talent pour le violon- Soliman en fut engoué, subjugué, au point de ne plus voir que lui.

Toutes les paroles qui restent de cel homme indiquciil un mélange singulier de finesse, d'audace et de grandeur, une royauté naturelle. La Datlerie même était chez lui risquée, inattendue, celle qui surprend l'cspril. charme, emporte le cœur. .Soliman^ lui ayant fait épouser sa sœur, il y eut une prodigieuse fête. Le favori dit hardiment qu'il n'y avait jamais eu de noces semblables, pas même du sultan. Celui-ci rougit de colère. Ibrahim aj

€ Celles de Sa Hautcsse n'ont pas eu cel honneur d'avoir pour convive le padishah de la Merque'. le Salomon de noire époque. »

C'était un petit homme hrun, à dents aiguës, disent les amhassadeurs de l'empereur', qui sont stupéfaits de la liberté avec laquelle il parle de son maître. Il ouvre ainsi la conférence ; « Le lion ne peut être dompté par la force, mais par la ruse, la nourriture et l'habitude. Le prince, c'est le lion, et le ministre est le gardien. Je garde le sultan, et le mène avec un bâton, qui est la vérité et la justice. Charles est aussi un lion. Que ses ambassadeurs le mènent de la même manière. >

Cependant Soliman, Ibrahim, étaient deux hommes pacifiques, et faits pour les arts de la paix. L'influence byzantine^ allait toujours gagnant. Ibrahim, qui avait rouvert l'hippodrome' et les jeux antiques, s'était bàli un délicieux palais sur ce lieu même, et il y tenait son mailre à regarder les fêtes, que son génie fécond savait varier. On avait vu. aux noces d'Ibrahim, Soliman écouter patiemment les thèses des discoureurs, comme aurait fait un des Paiéologucs^ ou des Canlacuzènes^. Mais la grande machine turque était montée pour la conquête. Elle broyait qui ne l'employait pas. On n'avait pas organisé en vain ce sombre et colérique monstre de guerre, le corps des janissaires'. Soliman avait été obligé, dés son avcne-

3W J. MICHKLET.

mcnl, de les amener à Rhodes' et à Bel grade'. Puis il une halte, un repos. Affreuse révolle. Nul remède qud conquête, la guerre sainte, la guerre de Hongrie.

L'armée ottomane arriva aux marais de Mohaci'. étaient les Hongrois, mais non eomplets encore- 1^ Transylvains* tardaient. A ta vue du rroissaot'. i'arrtal hongroise ne put plus se contenir ni rien attendre. Useifl levèrent leur roi en avant et tous leurs chers plongerai aveugles dans la masse ennemie.

Nombre d'entre eux. emportés par la course oupous-l ses par les Turcs, allèrent s'engouffrer aus marais. LeI roi Louis en fut. et le royanmu. La Hongrie reste là. C'est I lu toniheau d'un peuple.

Ibrahim eut péri 161 ou lard de la main de rAulricli& 1 si elle n'eût été prévenue par celle de son ami, de son 1 rrére Soliman, dont il faisait la gloire, de celui qui. di'puis onze ans, le faisait manger avec lui. concher hsm pieds,avec qui, à toute heure, il vivait, parlait et peiiï^ait.

H avait deux rivaux, deux ennemis qui pouvaient contre lui a'unir au parti des vieux Turcs. L'un était le trésorier de l'empire. Contre Ibrahim, il préparait, élevait cent nouveaux Ibrahims, qui auraient pour eux la jeunesse, l'audace de l'âge et la culture. Auraient-ils le génie? c'était la question. Le favori prévint la chose, perdît le trésorier, et lui-même donna les dangereux esclavec Soliman.

L'autre ennemi, c'était une l'emme iJifinimcnl i

Roxelane, c'est-à-dire la Russe*. Son nom de guerre était ta Joyeuse^ la Rieuse. Dans l'ennui du harem, où tout est pétrifié, celle-ci eut l'art de rire toujours. Elle rit, et perdit Ibrahim. Elle rit, et fit étrangler le fils de Soliman*. Rien ne lui résista. Elle put tout, sauf refaire Ibrahim.

La perte du Grec avait été jurée le jour où, revenant minqueur de la bataille deMohacz, il rapporta de Bude^ la rameuse bibliothèque de Mathias Corvin^ et trois statues ie bronze. Hercule, Apollon et Diane, qu'il dressa hardiment sur l'hippodrome, devant son palais même.

Grave insulte auCoran^. On dit, d'ailleurs, qu'il se contraignait peu, et qu'il avait le tort d'avouer le mépris qu'il faisait du livre sacré.

Soliman, humain pour un Turc, tenait pourtant de son père Sélim* l'horreur des Persans hérétiques^ qu'il manifesta en tuant tous ceux qu'il pouvait prendre. Ibrahim, au contraire, clément pour les Persans et les chrétiens, avait fait ses eflforls pour sauver Bude, et il sauva réellementBagdad** du massacre.Âcte admirable et difficile dans sa situation. Le salut de cette ville immense contrasta avec le carnage que l'empereur ne put empêcher à Tunis', où l'on tua trente mille hommes.

Là fut porté le coup décisif. On l'accusa surtout près ie son maître pour une cause futile. En Perse, où le

1. Il y avait souvent parmi les émmes des sultans turcs des esclaves chrétiennes. Roxelane venait de a Russie rouge (occidentale).

2. Mustapha, en persuadant à Soli> nan que son fils complotait contre lui.

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