Le Coran, livre du Mahomet, dé
end de faire des ima{;;es de l'homme.
6. Sultan (1512-1520); passa son règne à combattre contre les Persans.
7. Les Persans sont musulmans, mais de la secte des schistes (schismatiques).
8. Capitale de la Babylonie, sur l'Euphrate, prise par Soliman.
9. Charles-Quint prit Tunis (1535) sur les pirates musulmans.
Ht J MICBELET.
MMiidre bey' prend le nom de (tittatt*. Ibrahim avait snin IWi{;edanssesproclaraatioDS.Ondità Soliman que m» BÎIeslemenl son vizir osarpait. qu'il avail lout à ei
Le 6 mars 1536, Ibrahim, sans défiaoce. realralesu la sérail, comme à l'ordlnairi.'. pour prt^ndre prèï (lesoi naitre sa nourriture el son ivpos. Il y trouva la mort. ,
Le lendemain, on le vil étranglé. L'état du c montrait qu'il s'était déreuda en lion. La chambre p lait aux murs des mains sanglantes qu'il y avait it niées dans la lutte. Ti>rrib)c accusation d'une perGdieù barbare ! Cent ans encore aprês.on les voyait avec horreur. ( Des deux cents vizirs qui ont gouverné l'empire ottoman, il n'y a eu. ni avant, ai après, un tel vizir. ) Il reste grand, moins jiour avoir donué à cet empire sts deux bornes, Bude et Bagdad, que pour avoir lié la Tur- ()uieet laFrance, sauvé trois Tois l'Europe. commenciiL réconciliation des religions ennemies.
Comme ce pauvre esclave grec, ingénieux, bérolqnM . rléniL'nt, n'a pas de monument àGalata^.où fut jelJM I corps, nous avons écrit ce chapitre, qui lui en servir! I W consacrera dans la reconnaissance de l'avenir.
Kabelaii, 11H3-1G!)3, est reconnu universellomenl pour l'écr<v*ui
I friiiitiis In plus puissant de la Konaissantc. Son œuvre est lo gruid
[ vt-iaan IhnlMliquc do Gargantua al de Paalagmel. On snit que lla-
hûlitia nvait voulu y mettre un sens caché ; mais ee icd$ est nanon
e et qu'élait-il? Demandez plutôt ce qu'il
n'étail pas. Homme de loute élude, de tout art, de toute langue, le véritable Pan-ourgon' , agent universel dans les sciences el dans les affaires, qui l'ut tout et fui propre à tout, qui contint le génie du siècle et le déborde à chaque instant.
Christophe Colomb Irouva son nouveau monde à cinquante ans. Rabelais avait à peu près le même Sge, ou un peu plus, quand il trouva le sien'.
La nouveauté du fond fui signalée par celle de la forme- La langue française apparut dans une grandeur qu'elle n'a jamais eue, ni avant ni après. On l'a dit justement : ce que Dante avait fait pour l'italien^, Rabelais l'a fait pour notre langue. 11 en a employé el fondu tous les dialectes, les éléments de tout siècle el de toute province que lui donnait le moyen âge, en ajoutant cncoi'e un monde d'expressions techniques que fournissent les sciences et les arts. Un autre succomberait âcette variété immense. Lui, il harmonise tout. L'antiquité, surtout le génie grec, la connaissance de toutes les langues modernes, lui permettent d'envelopper et dominer la nôtre.
Il est, dans l'histoire littéraire, ce que, dans la nature, sont les lacs de la Suisse, mers d'eaux vives qui, des glaciers, par mille fllets, s'y réunissent pour en sortir en fleuve et s'appeler la Heuss, on le Rh6ne ou le Rhin.
Ceci pour la langue et la forme. Mais pour le fond, à qui le comparer?
A rAi'iosle*?à Cervantes'? Non, tous deus rient sur un lu, sur la patrie défunte, et la chevalerie inhumée.
i. Qui fiil
lit Gargantua.
4>. Poêla iUlion tll7t-lfi33} ii
I ilu Roland furitux, i aB^ue eu 48 clisols.
b. EcriYHJu ospo^nc Di» Qttickolle.
J. MICHEI.ET.
Tous deux regardeiil ;iu couflianl. Rabelais regarde l'ïiirore.
Il serait ridicule ilc comparorli! Gargantua et lePaiitagruel à la Divine Comédie^. L'œuvre italienne, inspirée, calculée, merTeilleusc! harmonie, semble ne comporter de comparaison à nulle œuïre humaine. ïoulefois, nel'o biions pas, cette harmonie est due à ce rjue Duute, si personnel dans le détail, s'est assujetlî dans l'eascmble. dnits la doctrine, la composition même, à un système tout fait, au système oITiciel de la Ihéolo^ie. Il va vers l'infini, de droite et de gauche, soutenu, limité, par deux murs de granit, dont l'un est saint Thomas ', l'autre la tridilion très fixe do mystère des trois mondes', joué partout ( draine* avant d'entrer dans l'épopée.
Répétons donc pour Dante ce que nous disions pour V deux autres. Il regarde vers le passé. Si sa force indocile échappe parfois vers l'avenir, c'est comme malgré Ini, par des hasards sublimes de génie et du passion, par un ipr rement de son cœur.
Directement contraire est la tendance de Rabelais, cingle à l'est, vers les terres inconnues.
L'œuvre est moins harmonique; je le crois bien. C'^ un voyage de découvertes,
11 sait tout le passé et le méprise, il en traîne d'un lambeau, mais il les arrache en courant, il en sa roule.
La devise orgueilleuse de Montesquieu ' est mis placée ici : « C'est un enl'anl sans mère. » {Prolem «| maire creatam.)
i. U pl>» «lâU'u DiùDloelen du 1 sliMilsurloiil en dramt Duijen ige. i. I)c<i9c du fElpiV I
ANTHOLOGIE. 3i0
Rabelais n'a rien emprunté qu'au peuple, aux vieilles Iradilioiis. 11 doit aussi quelque chose au peuple des écoles, aux traditions d'éludiaiils. Il s'en serl, s'en joue et s'en moque. Toul cela vient àlravere son œuvre profonde et calculée, comme des rires d'enfants, des chants de berceau, de nourrice.
Navigateur hardi sur la profonde mer qui engloutit les anciens dieux, il va à la recherche du grand Peut-être. Il cherchera longtemps. Le cable étant coupé et l'adieu dit à lalégcnde, nevDUJanl s'arrêter qu'au vrai, au raisonnable, il avance lentement, en chassant les chimères.
Mais les sciences surgissent, éclairent sa voie, lui donnent les lueurs de la Foi profonde.
Nous parlerons dans un autre volume de celle Odyssée du Pantagruel. Aujourd'hui, l'Iliade, je veux dire, le Gargantua*.
Mais avant d'entamer ce livre, il faudrait un peu coonatlre comment l'auteur y arriva. Malheureusement tout est obscur. Plut au ciel qu'on pût l'aire une vie de Rabelais! Cela est impossible'.
Ce que nous en savons lo mieux, c'est qu'il eut l'existence des grands penseurs du temps, une vie inquiète, errante, fugitive, celle du pauvre lièvre entre deux sillons. 11 se cacha, rusa, s'abrita comme il put, et réussit à vivre âge d'homme, et même vieux, sans être brûlé.
Vie teiTible, on l'entrevoitbien. Ce joyeux enfanldeTouraine^,amidelanalure,onle faitprëtre, on le fait moine. Et, tout d'abord, les moines,quidevineutsou génie, vous
i. On ■ Irài psD d
bloeraphci de Rabv I 3. n Éliil né prèi
J. MICBELET^
emeltent dans un Jn pace^. Des magisIralsI'entirenl-lT \ est longtemps comme caché sonsl'abri des frères Du Bel^l L Iny. ses anciens condisciples. H devient leur faiseur; pour' r Guillaume", ilfail de l'hisloire; pourRené,de la physique; I pour le cardinal Jean^, de la diplomatie. Courlisan, Mf fon do château, médecin de campaj^ne^ auteur aux gagRi I des libraires. Grand buveur (par écrit) et débauché (eii I vei's latins), il garde, chose élonnaiile, dans celle vie dV 1 venturier. une vigueur morale, une rectitude, un souifr J
rain amour du bien, une haine du faux, qui va enlever!^ I vieus monde.
Il alla s'établir à Lyon, où la (!:rande colonie italien! menait un peu de liberté. Il y trouva une autre viclitnt du fanatisme, l'ardenl, l'intrépide imprimeur, Etienne Dolet',qui allaquail également el les légistes el le clerg^l I et se fit brdler h la An. Rabelais avait fait pour Dolet^^^ autres libraires des publications populaires d'almanaf^^H [ de satires, qui avaient répandu son nom. ^|
On commençait à rufrarder de quel côté il lourueraiW I Les protestants se demandaient s'il se joindrait â eux. I Béze ' dit dans ses vers : < Tout grand esprit a les yeui I sur cet homme. >
Tous aussi reculèrent, à l'apparition du GargauM
tous crièrent d'horreur ou de joie. Peu comprireDl ^
I c'était un livre d'éducation.
La supériorité de Hahelais sur ses successeurs, '. ■ laigne, Fénelon et Rousseau% est évidente. Sou (
prisona des CDU' i. GuUlaunie
t. Ërndit et imprimaii tDdilomiié au feu Boinmi {IS16I, À Paria.
S. Théodora lia Biia. Gahin, lui euccBdo Bomi rÉelUa Frolettinla â» Gi
dacation reste le plus complet et le plus raisonnable. Il est fécond surtout et positif.
Il croit, contre le moyen âge, que Thomme est bon ; qne, loin de mutiler sa nature, il faut la développer tout entière, le cœur, l'esprit, le corps.
Il croit, contre Vâge moderne, contre les raisonneurs, les critiques, Montaigne et Rousseau, que Téducalion ne doit pas commencer par être raisonneuse et critique. Rousseau, Montaigne, tout d'abord, mettent leur élève au pain sec, de peur qu'il ne mange trop. Rabelais donne au sien toutes les bonnes nourritures de Dieu ; la nature et la science l'allaitent à pleines mamelles ; il comble ce bienheureux berceau des dons du ciel et de la terre, le remplit de fruits et de fleurs.
On dira que cette éducation est trop riche, trop pleine, trop savante. Mais l'art et la nature y sont pour charmer la science. La musique, la botanique, l'industrie en toutes ses branches, tous les exercices du corps, en sont le délassement. La religion y naît du vrai et de la nature pour réchauffer et féconder le cœur. Le soir, après avoir ensemble, maître et disciple, résumé la journée, « ils alloient en pleine nuit, au lieu de leur logis le plus découvert, voir la face du ciel observant les aspects des astres. Ils prioient Dieu le créateur en l'adorant, et ratifiant leur foy envers lui, et le glorifiant de sa bonté immense. Et lui rendant grâce de tout le temps passé, se recommandoient à sa divine clémence pour tout l'avenir. Cela £ait, entroient en leur repos. :»
Cette éducation porte fruit. Gargantua n'a pas été formé seulement pour la science. C'est un homme, un héros. Il sait défendre son père et son pays. Il est vainqueur, parce qu'il est juste, et courageux avec l'esprit de paix.