‹ Pages choisies des grands écrivainsChapitre 193 sur 258 · SAINT-GTR ET ESTHER · texte numérisé non relu

SAINT-GTR ET ESTHER

Madame deMaintenon avait fondé près de Versailles, Saint-Cyr, une maison d'éducation pour les jeunes filles de noblesse

pauvre.

En 1681, quand la mort de Fontangesi avertit fortement le roi et le refit dévot, quand la persécution reprit, avec les enlèvements d'enfants, madame de Maintenon dans sa famille même enleva, adopta une petite fille, sa nièce». Elle rentra dans l'éducation, son élément naturel, entreprit celle d'une nouvelle catholique. Rien de plus agréable au roi. L'enfant fut bien choisi pour plaire. Il n'y eut jamais rien de si joli, de si gai, de si amusant que la petite de Villette (plus tard, madame de Caylus"^). C'était le plus parlant visage, dit Saint-Simon; l'ennui était impossible où elle était; on souriait dès qu'elle apparaissait. Madame de Maintenon, sa tante, prit le temps où le père, officier de marine, était en mer; elle demanda l'enfant à madame de Villette « seulement pour la voir », et elle refusa de la rendre. Le père cria, puis réfléchit, calcula, se convertit lui-même.

La petite, qui avait huit ans, légère comme un oiseau, prit son parti fort vite. Elle fut ravie de la messe du roi. On lui promit deux choses, qu'elle verrait tous les jours ce beau spectacle, et qu'elle n'aurait plus jamais le fouet. Cette rude éducation durait dans les familles de vieille roche.

Le roi aimait beaucoup la jeunesse. Il se prévenait

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