‹ Pages choisies des grands écrivainsChapitre 218 sur 258 · HISTOIRE DE LA RÉVOLUTION · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE LA RÉVOLUTION

Après avoir écrit Thistoire de Louis XI, Michelet s'interrompit et, sautant par-dessus les temps modernes, il aborda directement la Révolution. Il y travailla pendant huit ans; six ans aux Archives, deux ans à Nantes, où il étudiait les documents relatifs à la guerre de Vendée.

Michelet considérait la Révolution comme Tavènement d'une religion nouvelle, la religion de la justice; il la regardait aussi comme l'expression la plus complète du génie français. Étudier la Révolution, pensait-il, ce n'était pas seulement faire œuvre d'historien, c'était faire œuvre de patriote. Il trouvait que ses contemporains avaient trop oublié la Révolution et sa devise : Liberté, Égalité, Fraternité, et que dans les histoires de la Révolution écrites jusquelà, on s'était trop occupé des chefs de parti, pas assez du peuple. Il a voulu montrer le rôle joué par le peuple français, et rappeler ce que nous lui devons. « Toute âme abattue, brisée, tout cœur d'homme ou de nation n'a, pour se relever, qu'à regarder là. Personne ne verra cette unité merveilleuse, un même cœur de vingt millions d'hommes, sans rendre grâce à Dieu. »

L'ouvrage commence avec l'ouverture des États généraux (mai 1789) et s'arrête à la mort de Robespierre au 9 thermidor (25 juillet 1794). 11 est divisé en 21 livres.

VHistoire de la Révolution est en partie une œuvre politique. Mais elle repose partout sur l'étude des documents de l'époque. Michelet a consulté les procès-verbaux des fêtes de la Fédération aux Archives centrales, les registres de la Commune à l'Hôtel de Ville (ces registres ont été brûlés daiis les incendies de 1871), les registres des sections de Paris, et les archives de Nantes ; il a copié lui-même les textes dispersés et les a réunis.

424 J. MldHELET. j

Page 1