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L'ARRESTATION DES GIRONDINS

Après l'exécution de Louis XVI, la Convention, qui exerçait en France le pouvoir absolu, se trouva divisée entre deux partis violents, les Girondins et les Jacobins, qui tour à tour entraînaient la majorité. Les Jacobins, plus violents et soutenus par la populace de Paris, finirent par l'emporter. Ils firent envahir l'assemblée par une bande de gens armés (31 mai 1793) et la Convention terrifiée vota l'arrestation des principaux Girondins. Ils furent livrés au tribunal révolutionnaire, qui les condamna à mort.

Qui les fit rester? — Le péril.

Leur danger les exalta, et, tant ferme que fût leui* cœur, leur tête en gagna cette ivresse qu'éprouvent les plus braves en présence de la mort. Le sombre bonheur du martyre, une sorte de joie virile de donner leur sang pour la France, les ramenait chaque matin sur ces bancs si menacés*, sous les injures des tribunes, sous la pointe

1. Louis XVI avait fait faire son passeport au nom de Durand, valet de chambro.

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