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Les Assemblées do la Révolu

tion tenaient leurs séances en pu* blic; les assistants étaient places

des poignards, à la bouche des pistolets dirigés sur eux . d'en haut. Tous n'étaient pas intrépides; avocats ou gens de lettres, nourris dans les douces habitudes de la paix, quelques-uns(comme les Rabaut*) ministres de l'Évangile, ils étaient peu préparés à braver ces scènes terribles; plusieurs tremblaient, et néanmoins venaient conduits par le devoir, apportaient leur tête en disant : « C'est ici le dernier jour. »

Ce qui touche le plus dans cette cruelle tragédie, ce qui fera pleurer la France éternellement, c'est que les victimes périssant ainsi n'accusèrent jamais le peuple. Jamais les Girondins ne purent croire que le peuple fût contre eux. U infaillibilité du peuple, ce grand dogme de Rousseau*, où ils avaient été nourris, resta leur foi jusqu'à la mort.

Il était sept heures du soir. Henriot^, depuis deux heures, traînait ses canons dans Paris. Mais la Commune n'avait pu encore s'accorder sur la pétition, plus ou moins menaçante, que l'on porterait à l'Assemblée. On apprend que celle-ci s'est esquivée pour ne rien entendre. Marat* prend le maire avec lui, court au Comité de salut public^, crie, menace, exige qu'on réunisse

dans les tribunes autour de la salle.

Mais au lieu de les obliger à garder le silence comme dans nos assemblées modernes, on leur avait dès 1789 laissé prendre l'habitude de se mêler aux débats, d'applaudir ou de huer les orateurs. En 1793 le public des tribunes en était venu à menacer ouvertement les députés qui lui déplaisaient.

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