Necker avait donné sa démis
sion en 1783, quand il fut rappelé en 1788 à la direction des finances ; il fut reçu en triomphe par le peuple de Paris.
, yeux, des yeux uniques, noirs et iiiomlés de flammes,
' myonuants de génie, de boulé et de loutes les passions.
. Sou regard élait un monde. On y lisait qu'elle élail bonne généreuse entre toutes. Il n'y avait pas un ennemi qui pût l'enlendre un moment sans dire en sortant, malgré lui : ï Oh ! la bonne, la noble, l'excelleule Temme! »
Retirons le mot de génie, pourtant; réservons ce mol sacré. Madame de Stafil avait, en réalité, un grand, un
, immense talent, et dont la source élait au cœur. La a'iveté profonde et la grande invention, ces deux traits
I saillants du génie, ne se trouvèrent jamais chez elle. Elle apporta, en naissant, un désaccord primitif d'éléments qui n'allait pas jusqu'au baroque, comme chez Necker, son père, mais qui neutralisa une bonne partie de ses forces, l'empêcha de s'élever et la retint dans l'emphase. Les Mecker étaient des Allemands établis eu Suisse. C'étaient des bourgeois enrichis. Allemande, Suisse et bourgeoise, madame de Staël avait quelque chose, non pas lourd, mais fort, mais épais, peu délicat. D'elle i Jean-Jacques', son maître, c'est la difterence du fer à l'acier.
Justement parce qu'elle restait bourgeoise, tnalgi
' son talent, sa fortune, son noble entourage, madame i Slael avait la faiblesse d'adorer les grands seigneui Elle ne donnait pas l'essor complet à son bon et exce)^ lent cœur, qui l'aurait mise entièrement du calé { peuple. Ses jugements, ses opinions tenaient fortàéi travers. Elle admirait, entre tous, le peuple qu'elle croyait éminemment aristocratique, l'Angleterre, révérant la noblesse anglaise, ignorant qu'elle est très récente, sachant mal cotte histoire dont elle partait sans
cesse, ne soupçonnant nullement le mécanisme par lequel l'Angleterre, puisant incessamment d'en bas. fait toujours de la noblesse*. Nul peuple ne sait mieux faire du vieux.