I. Hé l'ai
is Egtùgaa.
on peut monter dans le lumineux Orient. De lui on peut descendre au clair-obscur des temps chrétiens. D'où viennent-ils, ces temps? sinon de la même origine, du soir du monde antique, du soupir résigné des nations, finissant dans l'Empire, qui saluaient la fin et le repos.
Mais ces mélancolies sont un peu maladives, énervantes souvent, comme les sons de l'harmonica. Elle veut être mère avant tout; elle veut s'affermir, donner force à son fils. Elle dit : a Assez de ces belles tristesses. Ces grands effets du soir, ces dernières heures du monde, m'affaibliraient aussi. Mon cœur, associé à l'essor d'un enfant, de la vie qui commence, voudrait plutôt des chants d'héroïsme et d'aurore. ^
Un grand livre viendra de lecture populaire, qui nous ouvre à tous l'Orient; qui rende à la femme, à l'enfant, au peuple (et qui n'est peuple?) les belles régions de la lumière. Comment nous retient-on toujours dans ce triste Occident, aux brouillards de l'Europe? Tout au plus on nous mène dans l'Arabie Pétrée^, au désert Sinalque', au paysage lugubre de Judée. J'ai pitié de l'espèce humaine.
Donnez-lui bien plutôt le poème de la fidélité, la jeune, l'admirable Odyssée^ Ulysse et Pénélope^ Lisezlui le Rdmâyana^ le délicieux poème, la Pénélope indienne, sa fidélité héroïque et l'amour de Râma^, sa guerre, et sa victoire où ce dieu de bonté associe toute la nature. Qu'elle ait en main surtout la Bible de la Perse *. Ici, tout est dans le grand jour de la vraie sainteté. C'est le pays des purs. Le purificateur, le tout-puis-
1. 1/Arabie des pierres, pays désert au nord-ouest de l'Arabie.