Le Candahar, province de l'Afghanistan, en Asie
lurs chariols. Mais quand ils se SB [iiirent i cultivar la lorra et devinrent d( Michelet montre ici l'nppositiun entre ces dea
L'agriculteur est homme inquiet, esprit sans repos, ftme en peine. Le pasteur a le temps de chanter aux nuafiies les fantasqses victoires d'IndroMi a le temps de suivre, au ciel de la Clialdée', les longs voyages des étoiles. Mais la nuit, mais le jour, le Perse, agriculteur, doit veiller, travailler, combattre.
Combat contre la terre. Elle est dure, obstinée, ne se rend pas d'un coup; elle vend au travail ce qu'on croit qu'elle donne.
Combat contre les eaux. Les douces eaux, tant désirées, elles descendent souvent furieuses, pour ravager, emporter tout. Parfois elles tarissent tout à coup, bacs par le soleil. Ces filles de la nuit évoquées de la terre, il faut, dans ce climat, leur conserver la nuit, les garder abritées par des canaux secrets, une circulation soûlerde travail infini qui fait du laboureur un mineur et un constructeur.
El tout cela fait, rien n'est fait. Il surgit l'enfant déli- ■cat, le blé faible, d'un vert si tendre. Il échappe du sein protecteur, se trahit, et se voit environné d'ennemis. Cent plantes robustes et mauvaises sont là pour l'étout^ fer, si la main paternelle ne vient leur faire la guern Cent bêtes dévorantes arrivent, des monstres qu'on ] peut repousser. Quels? non des lions, des tigres, — a ijiaisibles troupeaux.
C'est le pasteur surtout qui, pour le laboui'eur, est | maudit. C'est contre lui que le champ est gai
sombre travailleur, du poignard, trace autour la limite protectrice. Il la creuse, et c'est un fossé. Il la plante, et c'est une haie. Il la borne, y enfonce le pieu, la pierre; que dis-je? sa parole et sa malédiction. Malheur à qui la passera !
Guerre éternelle qu'on retrouve partout. C'est elle qui fit le divorce de l'Hindou védique et du Perse, de l'Aryâ pasteur, de l'Aryâ cultivateur. Le pasteur trouve odieuse, injuste l'appropriation. Il rit des bornes, des fossés. Ses bétes, malicieusement, se font un jeu de les franchir. La chèvre blesse la haie. La vache y passe à l'étourdie. La douce brebis, en cherchant sa petite vie innocemment, rase le blé qui pointait, ce blé sacré, cette chère espérance où l'agriculteur a son âme. Il faut qu'il le garde, son blé. De plus en plus rêveur et sombre, dans ces bêtes malfoisantes qui mangent moins qu'elles ne détruisent, il croit voir, il maudit les agents des mauvais esprits, l'armée de la méchanceté, « du caprice hors de sens :i>, les jeux pervers de la magie.
Michelel essaye de caractériser le g^énie d'Eschyle, qui lui paraît représenter Tart grec dans sa plus grande force.
Entre les poètes, un seul, Eschyle, eut le bonheur d'être à la fois le chantre et le héros, d'avoir les actes et les œuvres, la grandeur de l'homme au complet. Seul, il gagna cinquante fois la couronne de la tragédie ^ Seul, il eut, comme Homère, des rhapsodes qui le chantaient
1. Les tragédies k Athènes étaient i décernait une couronne d'olivier à reprénentéos devant le peuple, qui j 1 auteur de la meilleure.
jours au théâtre (qui ne jouait que les vivaiils), Il rcsla en statue do bronze sur la place d'Alhèiies, comme censeur, pontife et prophète, pour surveiller le peuple et l'avertir toujours. Le grand moqueur des dieux, Aristophane*, ne respecte qu'Eschyle . 11 l'a vu aux enfers siéger sur un Irône d'airain.
Dans la noble épitaphe qu'il s'est faite à lui-mênie, il rappelle seulement qu'il coniballit à Marathon', il oublie ses cent tragédies. Il n'yeutjamais plus vaillante race. A Marathon, il est blessé, et il est le frère des soldats les plus glorieux de Salamine*. L'un, Amynlas, est le hardi pilote qui le premier heurta fa flotte de Xercès, et y gagna le prix de la valeur. L'autre, l'obstiné Cynégyre', se fit tailler en pièces, ayant retenu son vaisseau par les mains, coupées une à une, puis retenu encore par les dents.
Les magistrats d'Athènes gardaient soigneusement un exemplaire correct et complet des œuvres d'Escbyle, de peur qu'un téméraire acteurne changeât rien aux paroles sacrées. El cependant, malgré ces soins, sept drames en tout nous restent, dont une seule trilogie' complète, VOrestie. Des trois parties du Promêthée\ une subsiste. Débris énorme et colossal. Comme le voyageur qui trouve dans le sable d'Égype le pied d'un sphinx ou son
i. On «ppalall rhipioiies It» cbon-