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On avait rbabitude de jouer

avant Jésns-Chrial.

doigt de granit, etqui, d'après, calcule de quelle hauteur était le monstre, nous aussi nous cherchons sur cette ruine à deviner ce que fut le géant Eschyle.

Aristophane dît admirablement que les vers d'Eschyle sont forts « comme les ais serrés d'un vaisseau -», comme l'indestructible charpente de ces navires vainqueurs qui brisèrent la flotte d'Asie. Il le met au-dessus de Sophocle, loin, bien loin du faible Euripide^ Mais sa vraie place n'est pas là. Elle serait bien plutôt entre Isaïe^ et Michel-Ange^.

Dans son œuvre si sombre il y a bien autre chose que l'art. Il y a le vrai génie de la douleur. Rien qui adoucisse ou console, comme dans Sophocle. Ces tragiques accents des héros du passé semblent pour le présent des avertissements redoutables, de lugubres pressentiments. Il rappelle surtout Michel-Ange. Le prophète italien, au milieu des splendeurs et des conquêtes de Jules II *, n'a peint que l'épouvante dans les plafonds de la Sixtine. Et le prophète Eschyle apparaît plein de deuil dans les prospérités d'Athènes.

Tous deux ont vu d'avance des épreuves terribles, de cruels coups du sort, et au houile jugement^lai haute victoire de la justice. C'est la grandeur d'Eschyle que ne pouvait encore sentir Aristophane.

Avenir inconnu, voilé. L'âpreté du prophète, son deuil, remplit d'étonnement. Eschyle, à quarante ans, commence la série menaçante de ses tragédies, au moment souriant où la cité libératrice poursuit, couronne sa victoire, apparaît reine de la Grèce. Elle est brillante, elle est féconde. En tous les sens, elle rayonne. Elle est

i. Les deux autres grands poètes tngiqnes d'Athènes.

S. Prophète hébreu.

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