Mémoireê
ton, les tourtufiitttit. fuuillait lount tables, leurs impierSf leurs lettn'S, les déi'aehetuit, les li.siiit (piehiuefois mal^n^ eux, selon qu'«*lle les voyait en humeur d'i'n rirt», et jarhuit (|ueh}uefois dessus. Admise i\ Unxi, à In réeeption des courriers ()ui up)H)rtaient les nouvelles les plus iuijKirtantes, entnuit ehez le roi à touU' heure, môme des moments |M>nd:int le eonseil, utile et faU'ile aux ministres mêmes, mais t«>ujours jM)rt^e à »)hli>;er, à servir, à exeuser, à bien faire, à moins qu'elle ne fût violemment {siussée contre quehpi'un, comme elle fut contre l'ontchartrain, (pi'elle nommait «juehiuefois au n)i votre vilain bory»e^ ou j«ir (juehiue cause majeure, comme elle le fut contre Chaïuillart. Si libre, <{uVnteiulant un soir le rt>i et madame de Maintenon juirler avec affiH^tiun de la cour d'Angletern-, dans les cominencements qu'on esj)éni la paix jKir la reine Anne: "Ma tant»-, se mit-elle à dire, il faut convenir qu'en Angleterre les reines gouvernent mieux que les rois, et savez>vous bien {Murquoi, ma tante ? ** et toujours courant et gambadant, "c'est (jue sous les rois ce sont les fenunes <iui gouvernent, et ce sont les hommes sous les reines." L'admirable est (qu'ils en rirent tous deux et qu'ils tnnivèrent qu'elle avait raison.
Un s<»ir ({u'allant se mettre au lit, et qu'elle cau.s;iit aviv madame de Nogïiret et «lu Chiistelet, qui me le cM»ntèrent le lendemain, et c'était là où elle s'ouvrait le plus volontiers, elle leur {Kirla aviH< admiration de la fortune de ces deux fé«"s,' puis ajouta i-n riant: "Je voudrais mourir avant M. le duc de Itourgognc, mais voir {Muir-
I MaHamc Hr Miinlrnnn i>t Ma<li>miii*i-llf CIidhi, ainia- iIp M<in<M-iyiicur, pvrr du duc d« Bour|fii,(iir
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taut ici ce (jui s'y laisserait; je suis sûrt' iju'il ('•pouscruit une sœur i,M-ise ou une tourière des iilles Saint-Marie.'' Aussi attentive il plaire il monseii^neur le duc de Bourgogne qu'au roi même, (juoiiiue souvent trop hasardeuse et se fiant trop il sa i)assion pour elle et au silence de tout ce qui pouvait l'approcher, elle prenait l'intérêt le plus vif en sa grandeur personnelle et en sa gloire. On a vu à quel point elle tut touchée des événements de la campagne (le Lille et de ses suites, tout ce qu'elle fit pour le relever, et combien elle lui fut utile en tant de choses si principales dont, comme on l'a expliqué il n'y a pas longtemps, il lui fut entièrement redevable. Le roi ne se pouvait passer d'elle. Tout lui manquait dans l'intérieur lorsque des parties de plaisir, que la tendresse et la considération du roi pour elle voulaient souvent qu'elle fît pour la divertir, l'empêchaient d'être avec lui, et jusqu'à son souper public, quand rarement elle y manquait, il y paraissait par un nuage de plus de sérieux et de silence sur toute la personne du roi. Aussi, quelque goût qu'elle eût pour ces sortes de parties, elle y était fort sobre et se les faisait toujours commander. Elle avait grand soin de voir le roi en partant et en arrivant, et si quelque bal en hiver ou (juehpie partie en été lui faisait percer la nuit, elle ajustait si bien les choses qu'elle allait embrasser le roi dès qu'il était éveillé, et l'amuser du récit de la fête.
Je me suis tant étendu ailleurs sur la contrainte où elle était du côté de Monseigneur et de toute sa cour particulière, que je n'en répéterai rien ici, sinon qu'au gros de la cour il n'y paraissait rien, tant elle avait soin de le cacher pai- un air d'aisance avec lui, de tamiliarité
l.')4 Mémuiren
avec ct> qui lui ^>Uiit 1<' plu» opposé dans cette cour, et de lilMTté i\ Mcudoii parmi «-ux, mais avw une stmjdesse et une nifsure infinie Aussi le s»'ntait-<'lle bien, et, depuis la mort «le Monseigneur, se pronu-ttiiit-elle bien de 1»' leur rendre. Un soir qu'A Fontainel)leau, où toutes les dames des princesses étaient dans le même cabinet qu'elle et le roi après le souiM'r, elle avait banigouiné toutt^s sortes tie langues t't fait cent enfances jxjur amuser le roi, qui s'y plaisait, elle remar<iu:i madame la Ihiehesse et m;ulame la princesse de Conti (jui se regardaient, se faisaient signe et haussaient les épaules avec un air de mépris et de dédain. Le roi levé et p:Lssé à l'ordinaire dans un arrièrecabinet jKmr donner à manger i\ .ses chiens, et venir après donner le l)onsoir aux princesses, la I^uphine prit miulame de Saint-Simon d'une main et madame de I/évi d«' l'autre, et leur montrant madame la Duchesse et madame la princesse de Conti, cpii n'étaient qu'à riuel«iues pjis de distance : " Avez-vous vu, avez-vous vu ? leur dit-«'lle ; je sais comme elles qu'à t<mt ce (jue j'ai dit et fait il n'y a p:is le sens commun, et «pie cela est misérable, mais il lui faut du bruit, et ces choses-là le diverti.H.sent." Et tout de suite s'appuyant sur leurs bnis, elle se mit à sauter et à chantonner : *' Eh, je m'en ris ! eh ! je me UKwjue d'elles ! et je .serai leur reine, et je n'ai (pie f;ùre d'elles ni à cette heure ni jamais, et elles auront à compter avec moi, et je serai leur reine ; " .sautant et s'élançant, et s'éjouissant «le toute sa force. Vva dames lui criaient tout Ikus «h* se taire, «pie ces jirinces,H««s l'entendaient, et «jue tout ce qui était là la voyait fain*, et jus<{u'à lui dire qu'elle était folle, car d'elles elle trouvait tout lion; elle de sauter plus fort et de chuutouuer plus haut : " Eh ! je
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1110 uiO(|iK' trcllt's ! je n'ai ([iic l'aire d'elles, et je serai leur reine!" et iif tiiiit iiuf l(irs<|ue le roi entra.
Hëlas ! elle le croyait, la cliannante ])rincesse, et qui ne l'eût cru avec elle ? Il ])lut à Dieu pour nos malheurs d'en disposer autrement bientôt après. Elle était si éloignée de le penser, ([ue le jour dv la Ciiaiidcleur,' étant presque seule avec madame de Saint-Simon dans sa chambre, presque toutes ses dames étant allées devant à la chapelle, et madame de Saint-Simon demeurée pour l'y suivre au sermon, parce (pie la duchesse du Lude avait la goutte, et que la comtesse de Mailly n'y était pas, auxquelles elle suppléait toujours, la Dauphine se mit à parler de la quantité de personnes de la cour qu'elle avait connues et (jui étaient mortes, puis de ce qu'elle ferait quand elle serait vieille, de la vie qu'elle mènerait, qu'il n'y aurait plus guère que madame de Saint-Simon et madame de Lausun de son jeune temps, qu'elles s'entretiendraient entre elles de ce qu'elles auraient vu et fait, et elle poussa ainsi la conversation jusqu'à ce qu'elle allât au sermon.
Elle aimait véritablement M. le duc de Berry, et elle avait aimé madame la duchesse de Berry, et compté d'en faire comme de sa fille. Elle avait de grands égards pour Madame, et avait tendrement aimé Monsieur, qui l'aimait de même, et lui avait sans cesse jirocuré tous les amusements et tous les plaisirs qu'il avait pu, et tout cela retomba sur M. le duc d'Orléans, en qui elle prenait un véritable intérêt, indépendamment de la liaison qui se forma depuis entre elle et madame la duchesse d'Orléans ;
' Chandeleur, fête rie la Présentation de .Jésus au temple, et do l.i Purification de la Vierge, le 2 février.
ils Sîivaii'iit et s'aidaiont il»- iiiill»' rhosos i>ar t'IK- sur !«• r«i et de madame d<- .Maiiit«'iii>n. Kll«' avait eoiiservé un ^raud atUu'hrmrnt |H)ur M. et mailame de Savoie, <|ui étineelait, et p(mr s«m jkivs mônu*, ({uelquefuis mal^^'r^' «die. Sa forée et sa prudt-me juinirent sinjfulièrement dans tout ce «jui se jKissa lors »'t depuis la rupture. Ia- roi avait lV»j;;ird dV«vit<'r devant elle tout discours «|ui pftt n-^^arder la Savoie, elle tout l'art d'un silen<>e ^diMpuMit, qui )»ar des traitji nirenient éeliapi>^'S faisaient sentir qu'elle était toute Française, quoiqu'elle laissât sentir en même temps (ju'elle ne |Kmvait kinnir de son eunir S(»n i»ère et son iiays. On a vu eombien elle ét;iit unie à la reine sii sœur,* d'amitié, d'intérêt et île eonuneree.
Avec Uint de grandes, de singulières et de si aimables parties, elle en eut de ])rincesse et de fenime, non |>our la fidélité et la sûreté du se«'ret, elle en fiit un puits, ni iM>ur la circonspection sur h-s intérêts des autres, mais |>our des ombres de t;ibleau plus humaines. Son amitié suivait son commerce, son amusement, son habitude, son Ix'soin ; je n'en ai guère vu que madame de Saint-."^imon d'exeejitée ; elle-même l'avoiuiit avec une grûc»- rt une niiveté «pii rendaient cet étrange défaut presque sup|M)rt;ible en elle. Klle voulait, comme on Ta dit, plaire i\ t«)Ut le momie; mais elle ne se put défendre que (|uelqucs-uns ne lui plussent aussi. A son arrivée et longttMni»s. elle avait ét^ tenue dans une gran«le sépanition, mais alors apprindiée |iar de vieilles pré- U-nducH nqN-nties, dont l'esprit romanesque ét;iit «lemcuré |M>ur h- moins cahint, si la e.ulucité de l'Au'c en avait iKUini