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DANS LE HAUT-RHIN

Chers écoliers,

C'est un vieillard qui vous écrit, car j'avais l'âge d'homme le jour où la France céda par force votre pays aux Allemands qui l'avaient vaincue, jour de deuil pour vos pères, qui aimaient la France de tout leur cœur, et pour tous les Français, obligés d'abandonner leurs frères d'Alsace et de Lorraine aux mains des ennemis.

Chers écoliers, la France n'a jamais oublié ce jour-là. Ceux qui ont dit qu'elle ne pensait plus à vous ont menti.

D'abord, elle resta étourdie sous le coup de la défaite ; il lui fallut reprendre ses forces pour se remettre à vivre. En face du colosse allemand, elle demeura longtemps seule, toujours inquiète, plusieurs fois menacée brutalement. Sur l'Europe entière l'inquiétude planait. Personne ne croyait que la paix imposée à la France pût durer toujours. D'ailleurs l'ambition allemande menaçait d'autres que nous ; les Etats se précautionnaient par des

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