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QUARANTE-QUATRE ANS APRÈS

Il y a quarante-quatre ans, les nuits où je ne montais pas la garde au rempart, je voyais, de la fenêtre auprès de laquelle j'écris en ce moment, un éclair s'allumer et s'éteindre, par delà les hauts toits des pavillons du Luxembourg, sur la colline de Châtillon. puis j'entendais le coup de canon, puis un sifflement sinistre et enfin le fracas de l'obus éclatant dans le jardin ou dans une rue voisine.

Le jour vint où Paris affamé capitula ; ce fut le 28 janvier 1871 ; le combat devait cesser à minuit : pendant la journée, la batterie allemande de Châtillon s'était tue... Tout à coup, à dix heures, un coup de canon, puis deux, trois, puis d'autres, qui se succèdent à intervalles plus courts qu'à l'ordinaire.

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