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Bulletin des A r mies, 18 août

3t5 — ERNEST LA VISSE

siens; il les cherche dans votre grande foule. C'est de tel front chéri qu'une mère, une sœur, une femme, une fiancée voudrait en ces jours torrides essuyer la sueur. Mais notre amour vous embrasse tous, chers enfants de la France. Tous ensemble, vous êtes notre enfant.

Savez-vous que c'est la première fois que toute la jeunesse de la France est assemblée sous les drapeaux, et que toute la nation est de cœur avec son armée, la première fois dans son histoire si longue?

C'est que jamais nous ne vécûmes une heure plus grave que celle-ci.

Le peuple d'Allemagne est perverti par un colossal orgueil. Il exalte sa force comme une vertu divine ; il en menace le monde entier, la France surtout, qu'il déteste, sentant bien que point par point l'âme française s'oppose à l'âme allemande.

Des voix allemandes insultent chaque jour notre France, criant qu'elle est déchue, moribonde dans la pourriture, et que le moment est venu de l'achever.

Il est donc parti en guerre, le colosse d'Allemagne ! Ce peuple, qui se dit civilisé par excellence, apporte à la guerre des mœurs de Peaux-Rouges. Mais il n'a pas le flair des sauvages. Il semble n'avoir rien prévu : comme un homme ivre, il se heurte à des obstacles à droite et â gauche, il s'étonne et il crie sa colère.

Le premier grand obstacle a été la Belgique. Gloire à ce peuple et à son roi !

Ils viennent de prouver que la force d'une âme de peuple ne se mesure pas à l'étendue d'un territoire.

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