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MÉDITATION D'UN ROYALISTE A VERSAILLES

Le torrent des congressistes et des curieux parisiens se précipitait vers les gares. Le Palais, la Cour d'honneur se vidaient. Bientôt, il n'y eut plus un vivant dans le Château endormi, dans les cours désertes où les masses architecturales dressaient leurs nobles ordonnances, dans les vastes solitudes d'alentour, reconquises par le silence, les souvenirs, la mort, la nuit.

Seule, une ombre errait encore sur les terrasses, au sommet de l'escalier de Latone, en face de la trouée majestueuse qui s'ouvre sur les étangs, entre l'infini de l'horizon.

M. de Kermaheuc s'était oublié là. Il avait vu descendre devant lui le soleil, entre les deux peupliers isolés au bout de la perspective : hautes sentinelles de la percée royale, dont la nuit faisait à cette heure des cyprès noircissants. Il regardait mourir, au ciel et sur les eaux, les dernières lueurs roses. Sa pensée s'en allait le long du dais sombre des vieux arbres, s'échappait entre les gardes noirs, fuyait plus loin, là-bas, sur ces arrièroplans gris sans limites, si semblables à ceux de sa Bretagne, si lointains qu'il croyait l'atteindre

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