UNE PETITE CITÉ ÉPISCOPALE VIVIERS
Trois mille âmes : boutiquiers, artisans, employés, qui vivent autour de l'évêché, pour et par ces trois édifices, la cathédrale, le palais épiscopal, le grand séminaire. Des rues étroites et leurs humbles maisons se serrent au pied de l'acropole de rocher qui porte la cathédrale avec ses attenances. Le vieux vaisseau, d'un gothique flamboyant, ne renferme qu'un vaste chœur, presque sans nef. Il semble que l'architecte ait prévu la destination spéciale du monument, fait pour un chapitre de prêtres qui n'auraient pas de troupeau. Tout à Viviers donne l'impression d'une âme énorme, visible, logée dans un corps minuscule. Tout, dès les premiers pas qu'on y fait, reporte le visiteur en plein moyen âge féodal, au temps où les évêques-comtes étaient de puissants seigneurs, suzerains de la majeure partie du Vivarais. Autour de la cathédrale et du beffroi crénelé, les logements des chanoines occupent le sommet de l'acropole. Les portes basses, percées d'un judas, sont écussonnées aux armes de lointains prédécesseurs. De leurs fenêtres et des terrasses désertes où ils déambulent, ces vieux prêtres ont une vue